Discrimination politique à Guerlesquin : le parquet de Brest n’est pas intéressé

Discrimination politique à Guerlesquin : le parquet de Brest n’est pas intéressé

Fresque représentant la justice de Luca Giordano, via Wikipédi (cc).

21/12/2012 – 14h00
BREST (NOVOpress Breizh) –
En septembre dernier, Yann Vallerie, président de l’association Jeune Bretagne, avait porté plainte pour discrimination politique à son encontre auprès du procureur de la République de Brest. Une plainte qui est restée à ce jour lettre morte. Le point sur une affaire emblématique à bien des égards.

Comme Novopress Breizh l’avait relaté, Yann Vallerie, qui avait postulé pour un emploi d’assistant d’éducation au collège de Guerlesquin, avait  été convoqué à un entretien puis avait reçu dans la foulée une promesse téléphonique d’embauche, avant de se voir de nouveau convoqué quelques heures plus tard dans le bureau du principal du collège, M. Ezequel.

Ce dernier l’avait alors informé qu’il avait effectué des recherches sur Google et ainsi appris son engagement politique, indiquant être dans l’impossibilité de continuer le processus de recrutement, le positionnement politique de Yann Vallerie étant selon lui incompatible avec le personnel du collège et avec les élèves. Le principal aurait également reconnu que ce qu’il faisait était passible de poursuites devant les tribunaux, puisque constituant un cas de discrimination politique, mais qu’il ne pouvait en être autrement.

Trois mois se sont écoulés depuis le dépôt d’une plainte auprès du procureur de la République du tribunal de grande Brest de Brest par l’avocat de Yann Vallerie, maître Cyril Guillou. Trois mois, c’était le délai maximum qu’avait le magistrat pour se saisir du dossier. Il ne l’a pas fait. Il est vrai que Yann Vallerie n’a pas été victime d’une discrimination  en raison de la couleur de sa peau, de son orientation sexuelle, de sa religion ou de son engagement dans un mouvement d’extrême gauche. Ce jeune homme a simplement le tort d’être responsable d’un mouvement identitaire breton. Un cas bien embêtant, a dû se dire le responsable du parquet qui a manifestement préféré donner du temps au temps.

Le dossier est désormais sur le bureau du juge d’instruction, et sur celui du défenseur des droits. « Nous souhaitons clairement provoquer une jurisprudence qui établisse qu’il ne saurait y avoir de discrimination entre militants politiques, qu’ils soient patriotes ou autres. Chacun doit être protégé, y compris au niveau professionnel » déclare Yann Vallerie. Pas sûr que l’actuelle garde des Sceaux, Madame Taubira, en soit aussi persuadée. Affaire à suivre.