Une étrange tribune en faveur de l’Ayraultport

Une étrange tribune en faveur de l’Ayraultport

20/12/2012 – 14h00
NANTES (NOVopress Breizh) — 
Dans la grande tradition des pétitions prétendument « apolitiques » où figurent soigneusement mélangés militants, obligés et idiots utiles, des proches de Jean-Marc Ayrault viennent de rédiger une tribune libre en défense du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (plan ci-dessus). Une initiative peut-être pas très habile car révélatrice du réseau local mis en place par l’ancien maire de Nantes.

Louis Le Duff, Claude Guillemot, Michel Lucas et quelques autres grands patrons ont dû avoir une surprise en découvrant la tribune « Aéroport du Grand Ouest, nous disons oui ! » dans Libération ce 18 décembre. Pas parce qu’ils en sont signataires, on suppose que c’est de leur plein gré, mais parce que ces signataires sont présentés comme « 80 acteurs de la région nantaise », alors que leur rayon d’action va évidemment bien au-delà de la région nantaise. Et surtout parce qu’ils se retrouvent dilués parmi les représentants du système politico-associatif mis en place par Jean-Marc Ayrault à Nantes.

Parmi les 80 signataires figurent ainsi de nombreux « militants associatifs » (dont les associations ne sont pas citées, contrairement aux entreprises), comme Brahim Medjoubi, président d’une association culturelle berbère, Omer Demirel, président de l’Association des jeunes musulmans de France, Alfred Gambou, secrétaire de l’association Casa Africa, Fari Salimy, de la CSF, le Djiboutien Nidal Ibrahim Mahmoud, Ma-Woury Cissé, de l’association Alfa, ou encore Said Marnissi, qui « crée du lien entre la France et le monde arabe ».

Les auteurs du texte ont évité de faire figurer des politiques dans leur liste, sauf deux ou trois retraités comme Patrick Mareschal ou Martine Buron. Mais plusieurs signataires ont affiché leur soutien à Jean-Marc Ayrault lors des dernières élections législatives, en particulier, toujours au chapitre des « militants associatifs », Zohra Zaouini, Jean-Marc Paint, Hafida Bouanane ou Yasmin Rahmani.

On trouve encore dans la liste Michel Cocotier, de Mémoire de l’Outremer, Franck Barrau, secrétaire général du Secrétariat Permanent International des Droits de l’Homme ou le sociologue musulman Omero Marongiu, auteur du CD Comment se convertir à l’islam, et pas mal de dirigeants d’organismes plus ou moins tributaire de l’État ou de la ville et de la communauté urbaine de Nantes, comme Alain Supiot, directeur de l’Institut d’études avancées, Jean Blaise, directeur du Voyage à Nantes,  ou Bertrand Guilbaud, directeur de l’IRT B-Com.

Cependant, la liste des signataires brille aussi par certaines absences. MM. Le Duff, Guillemot, Lucas et six autres patrons sont ainsi mentionnés comme « membres du groupe des Trente », qui compte en réalité une soixantaine de dirigeants. Où sont les 51 manquants ? Auraient-ils flairé la manipulation politique et refusé de s’y laisser embarquer ?

Crédit photo : Tybo2 via Wikimedia (cc).