Pilule contraceptive : Une bordelaise attaque en justice le groupe Bayer

Pilule contraceptive : une bordelaise attaque en justice le groupe Bayer

15/11/2012 –  10h00
BORDEAUX (NOVOpress via Infos Bordeaux)
– C’est une première en France. Une bordelaise de 25 ans, Marion Larat, attaque en justice le groupe Bayer. Elle accuse la pilule de 3ème génération fabriquée par le géant pharmaceutique d’avoir provoqué l’AVC qui l’a laissée lourdement handicapée.

Comme le révèle le Monde dans son édition du 14 décembre, en juin 2006, cette élève de classe préparatoire au lycée Montaigne de Bordeaux est victime d’un AVC massif (accident vasculaire cérébral, photo). Un œdème se développe dans son cerveau, elle plonge dans un coma dont elle se réveille, trois jours plus tard, hémiplégique et aphasique. S’ensuivent neuf opérations au CHU de Bordeaux, des mois en centre de rééducation. « Elle est désormais handicapée à 65 %, épileptique, sa main droite ne lui est plus d’aucune utilité (elle était droitière), sa marche et son élocution sont extrêmement laborieuses ».

Selon Le Monde, la plainte devait être déposée ce vendredi 14 décembre auprès du procureur de Bobigny en Seine-Saint-Denis pour « atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine » contre les laboratoires pharmaceutiques allemands Bayer qui fabriquent ces pilules de 3e et de 4e génération telles Jasminelle, Meliane, Convuline ou encore Belanette.

La plainte est également dirigée contre le directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui malgré les risques avérés n’a pas, en vertu du principe de précaution, retiré la pilule incriminée du marché. En effet, en juin 2012, la commission régionale de conciliation et d’indemnisation des accidents médicaux de Bordeaux a admis « l’imputabilité de l’AVC à la prise de la pilule ».

Depuis quelques années le débat s’ouvre sur les risques des contraceptifs oraux sur la santé des femmes car ils ont provoqué de nombreux accidents en particulier les pilules de 3e et 4e générations. Nul doute que cette affaire devrait relancer le débat.

Photo en Une : Scanner cérébral montrant un accident vasculaire cérébral ischémique (partie sombre à gauche de l’image). Crédit : Lucien Monfils, via Wikipédia, (cc).