Quand les gendarmes ont peur des voleurs

Quand les gendarmes ont peur des voleurs

13/12/2012 – 16h00
ANGERS (NOVOpress Breizh) –
Les gendarmes auraient-ils peur des voleurs ? Il semble bien que ce soit le cas en Anjou, où faute d’effectifs et de moyens suffisants, le commandant du groupement de gendarmerie nationale a donné, par télex en date du 16 novembre, des instructions à ses subordonnés pour qu’ils s’abstiennent d’intervenir lors de « raids nocturnes contre les magasins de téléphonie ». Edifiant.

C’est Le Canard enchaîné (05/12/12) qui a donné l’info. Les instructions du responsable de la gendarmerie angevine sont sans ambiguïté. Constatant que « le mode opératoire est de nature à mettre l’intégrité des personnels en danger en cas de tentative d’interception ou d’interpellation sur les lieux d’un cambriolage », il donne les consignes suivantes : « S’abstenir de toute poursuite du ou des véhicules utilisés par les malfaiteurs. Abordage de la scène de crime seulement après s’être assuré du départ effectif des malfaiteurs. Au cas où ceux-ci seraient encore sur zone ou à proximité immédiate (guet et probabilité de mise en place de couvertures), s’abstenir de toute intervention en se tenant sur un point d’observation, à l’abri, en mesure de renseigner sur la nature, le volume et l’attitude des auteurs sans engager d’action. »

Les raisons de cette « prudence » ? « Le rapport des forces, en particulier de nuit, contre des malfaiteurs agissant probablement sous l’effet de substances stupéfiantes est défavorable et nécessite des moyens humains, techniques et matériels supérieurs à ce qu’il est convenu de mettre ordinairement. » En clair, faute de moyens, on n’intervient pas directement.

On peut donc aujourd’hui, en France, dévaliser tranquillement un magasin sans risquer d’être dérangé dans son activité. Un résultat  que l’actuelle majorité  mettra au compte de Nicolas Sarkozy. Mais avec Monsieur Valls à l’Intérieur et Madame Taubira à la Justice, la situation a-t-elle des chances de s’améliorer ? Il est permis d’en douter.

Crédit photo: LOTHE Gabriel via Wikimedia (cc).