Surpopulation carcérale : la gauche souhaite limiter les peines de prison

Surpopulation carcérale : la gauche souhaite limiter les peines de prison

Prison de la Santé (Paris). Crédit photo : Michael C. Berch via Wikipédia (cc).

10/12/2012 — 19h30
PARIS (NOVOpress avec le Bulletin de réinformation) —La semaine dernière, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, a alerté le gouvernement sur l’état de la prison des Baumettes, dans les Bouches du Rhône. Les photos diffusées par la presse témoignent de l’état à la fois dégradé et sale de cette vieille prison.

A cette occasion, l’état de surpopulation chronique des maisons d’arrêt françaises a été rappelé, celle des Baumettes étant exploitée à près de 140%.

Le ministre de la justice, Christiane Taubira, a d’abord expliqué que le gouvernement socialiste avait hérité « d’un parc pénitentiaire en mauvais état, qui n’a pas été correctement renouvelé, ni suffisamment entretenu ». De son côté, l’Observatoire international des prisons, une association de défense des prisonniers, a demandé la fermeture immédiate de la maison d’arrêt marseillaise. Un éditorial du Monde réclamait, lui, la mise en place d’un numerus clausus, expliquant qu’il fallait « cesser d’incarcérer davantage de personnes qu’il n’y a de places en détention ».

Christiane Taubira a annoncé jeudi que 800 millions d’euros allaient être investis dans les prisons françaises. Mais cet argent ne servira qu’à rénover des places existantes. Peu de temps après sa prise de fonctions, le ministre avait en effet déclaré que les 8.000 nouvelles places de prison annoncées tardivement par la précédente majorité UMP ne verraient pas le jour. Christine Taubira propose en fait la réduction du nombre des incarcérations. Elle l’a rappelé samedi : « Je le confirme, [la rétention de sûreté] sera supprimée, comme les tribunaux correctionnels pour mineurs seront supprimés, comme les peines plancher seront supprimées ». En septembre, le garde des Sceaux affirmait dans une circulaire vouloir « faire de l’aménagement des peines d’emprisonnement une priorité de politique pénale ».