Berlusconi revient en politique : Mario Monti démissionne

Berlusconi revient en politique : Mario Monti démissionne

10/12/2012 — 14h45
ROME (NOVOpress avec le blog de Valentin Beziau) —
Ce qui est fascinant avec Silvio Berlusconi (photo ci-dessus), c’est qu’il ne cesse de créer la surprise au sein de la vie politique italienne (et européenne…). Alors que l’on pouvait penser qu’il s’était retiré, du moins pour une longue période, du devant de la scène, le Cavalier annonce non seulement son retour en voulant diriger la campagne du centre-droit pour les prochaines élections législatives, mais surtout il provoque la démission de Mario Monti de la présidence du Conseil italien.

Vendredi dernier, en effet, le PdL (Peuple de la Liberté) a voté contre la loi de stabilité qui devait être votée à la Chambre des députés et au Sénat. Il a ainsi mis en difficulté le gouvernement du technocrate et agent de Goldman Sachs Mario Monti. Ce dernier a annoncé samedi au président de la République Giorgio Napolitano qu’il a l’intention de présenter sa démission « irrévocable » après le vote du budget.

Bilan économique et fiscal de Mario Monti

Bilan économique et fiscal de Mario Monti

Silvio Berlusconi a indiqué : « Je suis assailli de demandes des miens pour revenir au premier plan… Je veut sauver l’Italie qui est au bord du précipice », minée par le chômage et l’alourdissement de la fiscalité (voir le tableau ci-contre). L’annonce a horrifié tous les médias et politiques italiens et européens tombés en amour de Mario Monti, un technocrate non élu et qui semble détester que l’on consulte le peuple. Un oligarque semble préférer saigner son peuple pour une banque plutôt que de le consulter. A l’image du président du Conseil européen, Herman van Rompuy, qui avait affirmé que l’Europe n’avait pas besoin d’élections, mais de réformes…

Silvio Berlusconi a donc annoncé qu’il voulait se représenter aux élections (fin février ou début mars, le 10 mars au plus tard, selon l’hypothèse la plus probable). Aussi l’annonce de la candidature de Silvio Berlusconi met apparemment fin au primaires du PdL qui devait désigner le candidat, puisque Angelino Alfano (secrétaire général du PdL) avait dit qu’il renoncerait a sa propre candidature si Berlusconi se représentait.

Ce qui n’a pas fait plaisir à tout le monde, notamment aux partisans de Giorgia Meloni (ancienne Ministre de la Jeunesse du gouvernement Berlusconi et ancienne présidente de la Giovane Italia, l’organisation des jeunes du PdL) qui caracolait en tête des intentions de votes (35% d’après le quotidien Libero) pour les primaires du PDL. Giorgia Meloni organise dimanche 16 décembre les Primaires des idées pour marquer la nécessité d’instaurer l’organisation des Primaires au sein du PdL et pour faire respecter la souveraineté militante contre la direction du PdL. Elle a même indiqué à la presse qu’elle était prête à quitter le PdL.

Du coté de la Ligue du Nord, alors que Roberto Maroni (secrétaire général de la Ligue du Nord) avait annoncé quelque jours plutôt vouloir passer accord avec le PdL a la seul condition que celui-ci fasse tomber le gouvernement Monti; certain ne sont pas de cet avis notamment Flavio Tosi (Ligue du Nord, maire de Vérone) qui déclare au quotidien Libero qu’il veut se présenter car il ne veut plus travailler avec Berlusconi.

Au sein du PdL, Alessandra Berlusconi et Daniela Santanchè se réjouissent du retour de Berlusconi.

Des péripéties au sein de la vie politique italienne qui pourraient nous éclairer sur un retour de Sarkozy au sein de l’UMP…

Crédit photo : Ricardo Stuckert/Agência Brasil via Wikipédia (cc).