Faits & Documents n°347 du 1er au 15 décembre 2012. Portrait : Jean-Yves Le Drian

Faits & Documents n°347 du 1er au 15 décembre 2012. Portrait : Jean-Yves Le Drian

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 décembre 2012 vient de paraître, avec (entre autres) un portrait de Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Extrait.

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La Défense, dernier fondement de l’indépendance de la France, est en train de craquer. C’est le ministère (en fait le seul) qui paie le plus lourd tribut à la crise : diminution des crédits, diminution des engagés, diminution des moyens. Pour être clair, l’ensemble des militaires français peut être réuni dans le Stade de France (en 2015, 54 000 emplois auront été supprimés en sept ans) et nombre d’entre eux doivent désormais se battre… pour être payés (le système Louvois de paies est défaillant…). Un signe de plus que la France est en train de devenir un pays de seconde, voire de troisième zone. Pour faire avaler la pilule, Jean-Yves Le Drian, un franc-maçon « d’origine chrétienne ». Bref, un homme roué choisi pour faire « passer la pilule » aux militaires et avaliser, si ce n’est l’abandon de la force de frappe, du moins l’intégration poussée dans l’OTAN.


« Cet outil présente des fragilités qui, dans le contexte économique et financier que nous connaissons, pourraient affecter sa cohérence. Certains matériels nous font défaut […] Nous manquons de systèmes de lutte contre les sites antiaériens, de drones et d’avions ravitailleurs. Nos réserves sont trop justement dimensionnées : le niveau des stocks de pièces de rechange et la disponibilité des matériels empêchent de nous inscrire dans la durée. La maintenance des équipements a eu une incidence sur l’entraînement des personnels […] Le contrat opérationnel maxima, fixé par le Livre blanc de 2008, prévoit de projeter sur un théâtre extérieur 3000 hommes pendant un an et déployer un groupe aéronaval, ainsi que 70 avions de combat. En l’état, il n’est pas atteignable […] Le personnel ressent une dégradation des conditions de travail […] Aucune institution de l’État n’a vécu une mutation d’une telle ampleur et si rapide. »

Faits & Documents n°347 du 1er au 15 décembre 2012. Portrait : Jean-Yves Le Drian

Faits & Documents n°347 du 1er au 15 décembre 2012. Portrait : Jean-Yves Le Drian

En quelques phrases aux termes diplomatiques (L’Express, 7 novembre 2012), l’amiral Édouard Guillaud, chef d’état-major des armées, résume la situation : l’armée française n’a plus les moyens de sa défense. Et cela devrait s’accentuer dans les prochaines années, en raison des coupes claires à venir : les militaires sont le seul corps d’agents de l’État à ne pas disposer du droit de se syndiquer et de faire grève.

Jean-Yves Le Drian est né le 30 juin 1947 à Lorient (Morbihan). Ce petit-fils de docker est le fils de Jean Le Drian, un magasinier devenu permanent associatif, et de Louisette Derrien. Ses parents se sont connus à Lanester alors qu’ils militaient à la Jeunesse ouvrière chrétienne. Sa mère aurait été présidente de l’Action catholique ouvrière (L’Express, 29 mars 2004). Ils s’engageront par la suite dans des mouvements syndicaux et familiaux comme la Confédération syndicale des familles, dont Jean Le Drian sera président national. Jean-Yves Le Drian est d’une extrême discrétion sur sa vie familiale. Divorcé, il a un fils de ce premier mariage, Thomas Le Drian, ancien élève de l’ISC, ancien senior chez KPMG et contrôleur de gestion à la CGA-CGM, propulsé tout récemment au cabinet de Jean-Pierre Jouyet, nouveau président de la Caisse des dépôts et consignations (F&D 346). Il vit (ou est remarié) depuis les années 2000 avec Maria Vadillo, d’origine espagnole, adjointe au maire de Rennes jusqu’en 2012, vice-présidente du conseil régional de Bretagne, vice-présidente du CCAS de la ville de Rennes, vice-présidente à l’internationale de Rennes-Métropole. L’une des soeurs de Jean-Yves Le Drian, Marie Le Drian, est écrivain, et sa seconde soeur, Thérèse Thiéry, est conseillère générale et première adjointe au maire socialiste de Lanester.

Imprégné des valeurs catholiques, Jean-Yves Le Drian a effectué toutes ses études (au moins secondaires) dans l’enseignement privé, en particulier au collège Sainte-Anne puis l’Institution Saint-Louis de Lorient. Ayant milité à la Jeunesse étudiante chrétienne (dont il sera premier secrétaire pour le Morbihan quand il était en terminale), incarnation du catholicisme post-Vatican II gangrené par le marxisme et les utopies soixante-huitardes, il se liera au sein de la JOC, lors du congrès national de Dijon, avec Henri Nallet, leader national de la JEC et futur ministre socialiste. Il a ensuite passé un an en hypokhâgne à Quimper, avant de rejoindre en 1966 l’université de Haute-Bretagne à Rennes, décrochant une agrégation en histoire contemporaine en 1971. Il y militera à l’Unef. En mai 1968, il sera à la fois un responsable local de l’Unef et président national de la JEC, prenant une part très active aux manifestations…

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Crédit photo : Pymouss via Wikimedia (cc)