Conseil d’Alsace : l’association autonomiste Unsri Heimet lance une campagne en faveur du projet de fusion des collectivités alsaciennes

Conseil d’Alsace : l’association autonomiste Unsri Heimet lance une campagne en faveur du projet de fusion des collectivités alsaciennes

05/12/2012 – 12h00
STRASBOURG (NOVOpress) — Le projet – déjà imaginé durant l’entre-deux-guerres – de fusion des départements alsaciens et de la région en une collectivité unique pourrait voir le jour en 2013 : les conseillers généraux et régionaux d’Alsace se sont réunis ce samedi 24 novembre en congrès pour valider la tenue d’un référendum sur le sujet, qui devrait avoir lieu le 7 avril 2013.

Bien que le projet final soit quelque peu brouillon et maintienne encore partiellement en vie les départements – sous la forme de conseils de territoire certes dépourvus de la personnalité juridique – en raison des concessions faites notamment à Charles Buttner (président du Conseil Général du Haut-Rhin, qui a notamment négocié… un siège de Sénateur en échange de la suppression de sa collectivité), il constitue aux yeux de la majorité des élus alsaciens une avancée institutionnelle, puisque 108 élus sur 122 l’ont approuvé (dont l’intégralité des élus UMP, Verts et FN ; voir compte-rendu des DNA).

Il risque néanmoins d’y avoir un écueil difficile à franchir pour la validation par référendum du projet : si une majorité de OUI devrait se dégager, dans chaque département le OUI devra représenter 25% des électeurs inscrits, ce qui signifie qu’une forte abstention serait fatale au projet.

D’où la nécessité pour les partisans du projet de mener campagne. C’est l’association autonomiste Unsri Heimet qui a dégainé en premier, en lançant une vaste campagne d’affichage bilingue à travers toute l’Alsace.

Les élus de ce nouveau Conseil alsacien cesseront ainsi de n’être que de simples élus locaux pour devenir sans conteste les représentants de l’Alsace et du peuple alsacien enfin politiquement réunis. C’est la raison pour laquelle la création du Conseil d’Alsace est d’une importance historique pour l’avenir de l’Alsace, il représente une forme d’autonomie politique que la République Française nous a jusqu’à présent toujours refusé.

Cette relative autonomie institutionnelle, en plus d’améliorer le fonctionnement des structures administratives des assemblées territoriales actuelles, doit surtout permettre aux Alsaciens de tenir enfin tête à Paris, notamment sur le bilinguisme et sur les questions financières.

Voulant élargir le débat et ne pas se contenter de s’exprimer sur le projet soumis à referendum, Unsri Heimet précise également : « Malheureusement la création du Conseil d’Alsace ne pâlira pas à elle seule le déficit démocratique français qui se caractérise par l’absence de démocratie directe et par des scrutins majoritaires ou pseudo proportionnels, qui contrairement aux scrutins proportionnels classiques, ne permettent pas aux électeurs d’exprimer convenablement leurs choix et d’élire des élus qui les représentent véritablement. C’est pourquoi nous avons également imprimé des bandeaux jaunes fluo contenant les inscriptions « Oui à la démocratie directe », « Ja zur direkte Demokratie » et « Oui au scrutin proportionnel », « Ja zur Proporzwahlrecht » que nous collons avec les affiches, de manière à réclamer, parallèlement à la création du Conseil d’Alsace, une transformation profonde du système électoral pseudo démocratique que nous impose la France depuis bien trop longtemps. »

Reste à voir quand l’UMP, majoritaire à la Région et dans les deux départements alsaciens mais pour le moment empêtrée ses querelles internes, entrera en campagne.

Crédit photo : Unsri Heimet