Tunisienne violée : les institutions transforment la victime en coupable !

Tunisienne violée : les institutions transforment la victime en coupable !

04/11/2012 –  10h00
TUNIS (NOVOpress) –
Le parquet tunisien a fait appel du non-lieu prononcé en faveur d’une femme violée par des policiers en septembre et qui risque de nouveau d’être poursuivie pour… atteinte à la pudeur, délit qui implique jusqu’à six mois de prison fermes. Cette tunisienne aurait été surprise par des policiers dans une « position immorale ». Selon les forces de l’ordre, la femme de 27 ans était en train d’avoir des rapports sexuels avec son fiancé dans une voiture en banlieue de Tunis. Une thèse que l’intéressée réfute : selon elle, elle ne faisait que parler avec lui au moment des faits.

Deux agents ont violé ensuite leur victime à tour de rôle, tandis qu’un troisième policier conduisait le petit ami de la jeune femme jusqu’à un distributeur de billets pour lui extorquer de l’argent. Des faits d’ailleurs reconnus par le ministère public. Mais cet appel du parquet relance le débat d’une procédure qui transforme une victime en accusée en terre d’islam. Le site Au féminin.com note : « Depuis plusieurs mois, les droits des femmes tunisiennes se réduisent comme une peau de chagrin avec l’arrivée au pouvoir du parti islamiste Ennahda. Et cette décision du ministère public envoie un nouveau signal très inquiétant pour l’avenir », tout en ajoutant : « Une victime transformée en coupable… déplorable ». En août dernier, les islamistes d’Ennahda voulaient inscrire dans la nouvelle Constitution la « complémentarité » des sexes et non l’égalité. Régulièrement, le sort déplorable des femmes dans une culture musulmane fait la Une de l’actualité. Le « Printemps arabe » n’a rien changé à cette situation.

Crédit photo : Amine GHRABI, via Flickr, (cc).