Rosporden : Une cité bretonne mobilisée pour la défense de l’emploi

Rosporden : Une cité bretonne mobilisée pour la défense de l’emploi

03/12/2012 – 19h00
ROSPORDEN (NOVOpress Breizh) –
Près de 1.500 personnes ont manifesté samedi dans les rues de Rosporden (29) pour protester contre la fermeture annoncée de la conserverie Boutet-Nicolas. Une mobilisation sans précédent de la population de cette commune du Sud-Finistère pour la défense de l’emploi.

L’annonce faite par la Cecab, le 25 octobre dernier, de sa décision de fermer l’usine de transformation de légumes et de la plate-forme d’expédition de la conserverie Boutet-Nicolas de Rosporden avait créé la stupeur dans cette commune du pays de Concarneau. L’entreprise y emploie en effet 142 salariés à temps complet et près de 200 saisonniers ou intérimaires.

« Pour mesurer ce que ressentent les habitants, il faut savoir ce que représente Boutet, créée en 1921, et Nicolas, née en 1923, deux histoires familiales de Rosporden qui ont donné du travail à des générations entières, à des familles, des saisonniers... », observe Gilbert Monfort,  le maire (PS) de Rosporden (Le Télégramme 09/11/12) .

Selon un membre du personnel, les salariés de Rosporden payent « les erreurs d’investissements de la Cecab, notamment l’usine en Ukraine, ou la fermeture de Carhaix. Nous payons la casse et après, on ferme l’usine pour investir 50 millions d’euros dans le centre de la France, c’est un énorme gâchis » (Le Télégramme, 01/12/12).

Créée en 1968, la Centrale coopérative agricole bretonne (Cecab) est devenue au fil des ans l’un des tous premiers groupes agro-alimentaires français. Son activité à l’international représente 30% du chiffre d’affaires. Afin de pouvoir contrôler toutes les étapes, de la production à la commercialisation, la Cecab a privilégié une organisation par branches. « C’est un atout considérable pour l’entreprise qui peut ainsi maîtriser la traçabilité des produits et agir sur le respect de l’environnement », affirme-t-elle sur son site.

La coopérative affirme aussi qu’elle « s’appuie sur un réseau d’hommes et de femmes qui sont les forces vives de l’entreprise. Agriculteurs-coopérateurs, ouvriers spécialisés, techniciens, employés, commerciaux, cadres… Soudés, tournés vers l’avenir, ouverts et imaginatifs, tous mettent en commun leurs compétences et leur énergie au service du développement de l’entreprise et de la satisfaction du consommateur. » Une “philosophie”  que la Cecab n’a pas craint de contredire avec l’annonce de la fermeture du site de Rosporden.

Privilégiant manifestement une logique purement financière, la coopérative entendra-t-elle l’appel du maire de la commune cornouaillaise qui déclarait samedi que «la Cecab ne doit pas oublier les valeurs fortes comme l’entraide et la priorité de l’humain » ? A défaut, Gilbert Monfort pourra toujours aller porter le dossier au ministère du Redressement productif où officie – avec le bonheur que l’on sait – son ami Arnaud Montebourg.

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