Italie : les banques se battent pour attirer les immigrés

Italie : les banques se battent pour attirer les immigrés

16/11/2012 — 16h00
ROME (NOVOpress) — « Les immigrés sont toujours plus courtisés par les banques italiennes. Et ce n’est pas étonnant. Il s’agit de fait d’une clientèle toujours plus nombreuse, avec des ressources financières croissantes ». Claudia Cervini explique dans le quotidien économique Italia Oggi « les diverses stratégies des banques pour attirer ces clients », en particulier en leur facilitant les envois d’argent dans leurs pays d’origine.

L’enjeu est effectivement considérable. Les comptes courants détenus en Italie par des immigrés sont au nombre de 1,8 million. Les sommes qu’ils ont envoyées dans leurs pays d’origine ont atteint 7,4 milliards d’euros en 2011 (+12,5% par rapport en 2010). « Et pourtant la cible, en général, n’est pas encore suffisamment bancarisée. “Un tiers des économies des nouveaux citoyens italiens est encore conservé à la maison au lieu d’être déposé à la banque”, explique Massimo Macchitella, directeur du marketing particuliers d’Unicredit. “Voilà pourquoi, dans nos agences spécialisées pour immigrés (12 au total dans les principales villes italiennes), nous menons des activités de formation et d’inclusion financières, nous expliquons en diverses langues nos produits et services” ».

De son côté, la banque Monte dei Paschi di Siena a créé « Paschi Sans Frontières, un compte courant destiné aux citoyens étrangers qui vivent et qui travaillent en Italie, déjà choisi par 16.000 clients», selon Paolo Pellegrini, responsable du service marketing particuliers. La cotisation comprend en particulier 20 opérations trimestrielles « gratuites » et des virements « gratuits » vers le pays d’origine.

L’Intesa Sanpaolo, quant à elle, a passé un accord avec Western Union « pour faciliter à nos clients l’envoi d’argent à leurs pays d’origine », aux guichets automatiques, sur Internet ou par téléphone portable.

Si les banquiers se battent ainsi pour l’argent des immigrés, leurs sentiments pour les immigrés eux-mêmes sont, si l’on ose dire, plus mêlés. Au printemps dernier, Extrabanca, « la première banque multiethnique et avec un personnel multiethnique, qui met réellement au centre le client immigré en Italie », a été condamnée pour insultes racistes. Le président avait notamment traité des employés d’origine sénégalaise de « nègres africains qui créaient trop de problèmes », et déclaré qu’« avoir trop de nègres ne pouvait pas être favorable à la banque ».