Clandestins de Pacé (35) : le « vivre ensemble » à l’épreuve de la réalité

Clandestins de Pacé (35) : le « vivre ensemble » à l’épreuve de la réalité

10/11/2012 – 08h00
RENNES NOVOpress Breizh – L’affaire du squat de Pacé (Ille-et-Vilaine) continue de faire du bruit. Alors qu’à l’appel du « Réseau 35 de vigilance contre le racisme et la xénophobie d’Etat » 200 personnes ont manifesté mercredi dernier pour soutenir les 250 clandestins qui occupent illégalement l’ancienne maison de retraite (photo ci-dessus), une très violente rixe avait opposé la veille des personnes issues de deux communautés différentes.

Depuis le mois de mai  250 clandestins, venus d’Asie, d’Afrique et des anciennes provinces soviétiques, occupent illégalement des logements dans une ancienne maison de retraite située à Pacé, près de Rennes. Cette occupation, qui a pu être réalisée grâce à l’action de l’association Droit au Logement (DAL), n’a pas manqué d’entraîner de nombreux dommages collatéraux. Vols, dégradations, trafics divers, prostitution : la délinquance a explosé dans cette petite cité bretonne jusqu’alors plutôt tranquille, au grand dam des autochtones.

Réagissant à cette affaire, le mouvement Jeune Bretagne avait annoncé une manifestation qui devait se tenir le 7 novembre, manifestation annulée par la suite, la justice ayant ordonné l’expulsion des clandestins. Cet appel des identitaires bretons avait bien entendu entraîné une réaction de la part de l’extrême gauche qui avait appelé à une contre manifestation le même jour.

Aux cris de « un toit, c’est un droit ! », « des logements pour tous et toutes ! » « Non aux expulsions ! » « non au racisme ! »,  environ 200 personnes, membres des habituelles ligues de vertu et autres organisations d’extrême gauche, ont donc manifesté mercredi dernier devant le squat, pour affirmer leur solidarité avec les clandestins, évitant pudiquement d’évoquer les graves incidents survenus la veille au sein de la maison de retraite.

La veille vers 15 heures  une violente rixe avait en effet opposé des membres des communautés tchétchènes et mongoles. Commencée à l’extérieur du bâtiment elle s’est poursuivie à l’intérieur. Selon le responsable de la gendarmerie, interrogé par Ouest-France, « il semblerait qu’il s’agisse d’un souci de cohabitation entre les communautés tchétchènes et mongoles. Des violences ont été exercées avec des armes blanches et des barres de fer. » Sept personnes ont été blessées, dont deux très grièvement, même si leur vie n’est pas en danger. L’enquête, qui  a été confiée à la gendarmerie, s’annonce difficile, peu de clandestins parlant français.

La Fédération nationale des associations de réinsertion sociale (FNARS 35) n’a pas manqué de réagir à ces évènement. Dans un communiqué celle-ci  estime  que « l’état psychologique ou physique résultant de la rupture avec le pays d’origine, l’incertitude qui sera réservée à la demande d’asile, la précarité matérielle et économique mais aussi les cohabitations difficiles entre ethnies ou nationalités différentes peuvent constituer des explications à ces violences.»

Mettant clairement en cause l’action du DAL et des autres ligues de vertu, la Fédération affirme que ces violences« démontrent aussi que l’accueil des personnes en situation d’urgence nécessite des compétences et que la bonne volonté militante ne suffit pas : voulant faire le bien, elle s’expose aux risques du pompier pyromane. »

Le constat effectué par la FNARS rejoint celui effectué par Yann Vallerie, le président de Jeune Bretagne. Dans un entretien accordé à NOVOpress Breizh, celui-ci déclarait en effet : « Encourager des gens à quitter leur terre natale et leur culture pour venir s’installer dans un pays où ils seraient confrontés aux pires difficultés, c’est méconnaître la nature profonde de l’homme, qui ne s’épanouit pleinement qu’au sein d’un peuple, d’une langue et d’une culture. C’est en réalité faire preuve doublement d’inhumanité : vis-à-vis des immigrés qui sont coupés de leurs racines et vis-à-vis du peuple qui subit cette présence contre sa volonté. » Une réalité que les « pompiers pyromanes » du DAL ne veulent surtout pas voir.