Réélection de Barack Obama : un vote ethnopolitique

Réélection de Barack Obama : un vote ethnopolitique

08/11/2012 — 15h30
WASHINGTON (NOVOpress) — Tout comme pour François Hollande, ce ne sont pas les questions économiques ou purement politiques qui ont assuré la réélection de Barack Obama, mais bel et bien la dimension ethnique du vote. Et les chiffres selon les catégories sont particulièrement explicites.

Comme l’indique le Figaro, à travers plusieurs graphiques instructifs : « La fracture entre le vote des Blancs et des minorités s’est encore accentuée entre 2008 et 2012. Obama ne recueille plus que 39% des voix chez les Blancs contre 43% en 2008. Dans le même temps, il creuse l’écart chez les Hispaniques (71-27 contre 67-30 en 2008). Les tentatives de Romney pour draguer cet électorat crucial, qui représente un dixième de la population du pays, sont restées vaines. Chez les Afro-Américains, Obama reste plébiscité (93% des suffrages contre 96 en 2008) mais il enregistre surtout une forte percée chez les Asiatiques avec 73% des voix, soit dix points de plus que lors de sa première élection. »

Une dimension politique du vote que les commentateurs français n’ont pas eu de peine à mettre en avant. A croire que la distance qui sépare la France et les Etats-Unis minorent certaines pudeurs d’analyse. D’autant que c’est ce facteur ethnique qui fait dire à certains commentateurs que Mitt Romney a échoué parce qu’il avait une politique d’immigration trop restrictive, notamment à l’égard des Hispaniques.

Hispaniques qui risquent de modifier profondément le vote dans des Etats comme la Floride ou le Texas pourtant acquis depuis des décennies aux Républicains.

Ce vote ethnopolitique annonce une libanisation des Etats-Unis avec des migrations internes au sein de ce pays-continent en vue des créer des zones ethnoculturelles homogènes. Une rançon du multiculturalisme qui risque de ne pas se faire pacifiquement…

Crédit photo : MCC ERIC A. CLEMENT, USN via Wikipédia (cc)