Crédit Agricole : « le bon sens a de l’avenir » (sic), par Yves Cadic

Crédit Agricole : « le bon sens a de l’avenir » (sic), par Yves Cadic

Mon-Blason.fr

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06/11/2012 —18h10
PARIS (NOVOpress Breizh) —
Les sociétaires du Crédit Agricole sont des gens heureux. En effet, actuellement, la Banque verte s’offre une campagne publicitaire afin d’expliquer que « 400.000 client sociétaires votent chaque année pour élire leurs représentants locaux et participer à la vie de leur banque ».


Aimable fumisterie pour celles et ceux qui ont eu l’occasion d’assister à l’assemblée générale d’une caisse locale. Des débats canalisés – on devrait plutôt dire une absence de débats – par la technostructure (directeur de la caisse et représentant de la fédération), oubli systématique d’évoquer les vrais dossiers, élection au bureau de figurants choisis par le directeur. La préoccupation première du personnel de la caisse étant de boucler au plus vite l’affaire.

Comme il n’y a aucune raison pour que les choses changent, on peut s’attendre à ce que, lors des prochaines assemblées générales, on évite d’évoquer la fin de l’aventure grecque par CASA (Crédit agricole SA, la structure cotée du groupe).

En 2006, Crédit agricole SA avait acheté la cinquième banque grecque, Emporiki, pour 2,2 milliards d’euros. Pertes et augmentations de capital se sont succédé, avec un renflouement de 2,3 milliards d’euros en juillet dernier, par exemple. Si bien que le « dossier » Emporiki – la banque a  finalement été cédée mi octobre à Alpha Bank, une banque grecque, pour 1 euro symbolique – aura  coûté la bagatelle de près de 10 milliards d’euros au Crédit agricole SA.

A part cela, tout va bien (?!) pour CASA puisque l’on prévoit en 2012, une perte de deux milliards d’euros. Pour combler ce trou, on fera certainement appel aux caisses régionales, donc aux caisses locales. Nul doute qu’il sera question de tout cela lors des prochaines assemblées générales. Les sociétaires peuvent toujours essayer de poser des questions. Si le conseil d’administration et le directeur sont « secs » sur Emporiki, les sociétaires pourront toujours se rabattre sur la banque italienne Intesa SanPaolo, autre foyer de perte pour CASA…

Crédit photo : Michiel1972 via Wikimedia (cc)