L’archevêque de Turin aux Italiens : « Adoptez une famille Rom ! »

L’archevêque de Turin aux Italiens : « Adoptez une famille Rom ! »

28/10/2012 — 16h00
TURIN (NOVOpress) — « Provocation lancée aux Églises et aux croyants », selon l’agence ANSA. « Une lettre pastorale courageuse, la première du genre pour les évêques italiens », selon La Stampa, qui y voit un modèle «d’adhésion à l’Évangile ». La lettre pastorale de Mgr Cesare Nosiglia, archevêque de Turin, « aux Roms et aux Tsiganes qui vivent avec nous », fait en tout cas du bruit en Italie.

Présentée mercredi au terme de « deux années d’engagement de la part de l’archevêque » (visites dans les camps, rencontres avec des opérateurs et des volontaires, lancement d’un groupe de travail dans le diocèse), la lettre est intitulée « Pas étrangers, mais concitoyens et membres de la famille de Dieu ». L’archevêque s’y adresse non seulement aux Roms chrétiens, « mais aussi aux musulmans: nous sommes tous fils du Dieu unique, Père de nous tous. Nous sommes frères et sœurs. Je suis évêque, mais je suis aussi et surtout un frère et un ami pour vous ».

La lettre comprend une longue section adressée aux communautés chrétiennes du diocèse, que Mgr Nosiglia appelle à s’engager « pour donner des droits égaux à un petit peuple avec beaucoup d’enfants ». « Un engagement que l’archevêque rend concret, à l’intention des chrétiens et, en général des citoyens, par le mot “adoption” » : « Adopter dans l’amitié fraternelle une famille rom ou tsigane», « afin de l’accompagner dans sa recherche de maison et de travail, soutenir l’école des enfants, soigner sa santé, en partager les joies et les douleurs ».

« Les patronages et les groupes associatifs, explique l’archevêque, les écoles et les clubs de sport sont des chantiers privilégiés, où l’on peut expérimenter la rencontre amicale et apprécier les diversités ».

Du point de vue religieux, Mgr Nosiglia souligne que « la Bible peut être le livre commun parce qu’on y rencontre le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, grands patriarches dont le souvenir et la fête sont célébrés tant par les Juifs que par les musulmans et les chrétiens ».

Son Excellence Révérendissime redit donc aux Roms « qui ne professent pas la foi chrétienne de ne pas avoir peur. L’Église, à travers ses fils et ses filles qui viennent vous trouver et qui s’impliquent dans vos problèmes, vous est amie et proche, parce que nous sommes tous réunis par la foi en un Dieu miséricordieux et tout puissant, par la recherche des valeurs de justice, d’amour mutuel et de paix ».

Pour convaincre les fidèles qui pourraient être réticents, l’archevêque termine par un audacieux portrait de Jésus-Christ en Rom : « que le Seigneur Jésus, qui a échappé à la persécution homicide [d’Hérode] comme un Rom aux camps d’extermination nazis ; qui n’avait pas une pierre où reposer sa tête, comme un Rom de la Continassa [banlieue de Turin] ; qui est mort suspendu à une croix comme un malfaiteur, ce qui n’est pas si différent [ !] d’un Rom en prison, nous aide à l’accueillir dans nos frères Roms et Tsiganes ».