Présidentielle américaine : Obama lâché par Goldman Sachs

Présidentielle américaine : Obama lâché par Goldman Sachs

Photo : Manifestation contre Goldman Sachs à Chicago.

27/10/2012 — 08h00
WASHINGTON (NOVOpress via le bulletin de Réinformation) – Goldman Sachs était depuis vingt‑trois ans le premier bailleur de fonds du parti démocrate.

Revirement complet : c’est maintenant le candidat républicain qui bénéficie de toutes les sollicitudes de la banque d’affaire new‑yorkaise. Pour l’équipe dirigeante, Obama a fait un faux‑pas majeur lorsqu’il a voulu délibérément ignorer l’avis de la banque au sujet des mesures qu’il a prises pour tenter de résoudre la crise financière.

Au lieu des concertations souhaitées, le secteur bancaire s’est vu imposer la « règle Volcker » qui porte atteinte à l’une des activités les plus lucratives de Goldman Sachs. Cette « règle » vise en effet à limiter les investissements spéculatifs des banques, investissements que l’administration Obama a considérés comme ayant joué un rôle central dans l’éclatement de la crise financière. Elle vise aussi à empêcher les conflits d’intérêt pouvant toucher les banques d’investissement, conseillant à la fois leurs clients et investissant parfois sur leurs fonds propres contre l’intérêt de leurs clients. Une pratique, dit‑on, fort répandue chez Goldman Sachs…

Autre sujet de fâcherie entre Goldman Sachs et Obama : le discours « populiste » de ce dernier

La banque d’affaire ne supporte pas d’avoir été désignée à la vindicte populaire par le président démocrate, qui n’a pas eu de mots assez durs contre les « Wall Street fat cats », soit en français les « requins » ou les « gros bonnets » de la finance. Les salariés de la banque, à tout niveau, emboîtent le pas à leurs dirigeants, comme un seul homme. Il faut dire que le mode de recrutement de Goldman Sachs est assez spécial, et qu’il vaut mieux avoir le « bon profil » pour y rentrer. Toujours est‑il qu’ils n’ont versé que 136.000 dollars pour la campagne du président sortant, contre un million au candidat démocrate, il y a quatre ans. En revanche, Romney fait un tabac avec 900.000 dollars de dons directs auxquels s’ajoutent 900.000 dollars à son Comité d’action publique.

Des non‑dits dans l’histoire ?

Oui, un détail : Obama a beaucoup déçu Israël et la communauté juive américaine au sujet de l’hyper‑sensible dossier iranien, dans lequel il s’est frontalement opposé aux va‑t‑en-guerre du gouvernement de l’Etat hébreu. Le dernier entretien entre Netanyahu et le président américain en mars dernier fut à cet égard absolument glacial. Romney, quant à lui prêt à tous les alignements, ne peut, comparativement, que séduire l’électorat juif. L’actuel locataire de la Maison‑Blanche a sans doute cru que sa qualité de métis lui offrait une sorte d’immunité permanente aux yeux des tenants de l’oligarchie. Il risque d’apprendre à ses dépens que, tout noir de peau que l’on est, on ne plaisante pas avec les intérêts de certains lobbies.

Crédit photo : Carrie Sloan, via Flickr, (cc).