Un enfant a-t-il le droit d’avoir un père ET une mère ? Un happening posait la question hier à Nantes

Un enfant a-t-il le droit d’avoir un père ET une mère ? Un happening posait la question hier à Nantes

26/10/2012 – 21h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Un enfant a-t-il le droit d’avoir un père ET une mère ? La question était posée par l’alliance VITA, qui organisait hier  midi dans le centre de Nantes (comme dans 74 autres villes entre le 23 et le 27 octobre) un happening sur le thème de la protection de l’enfance. Un thème jugé semble-t-il hautement subversif par certains, qui s’inscrit dans le débat autour du projet de loi socialiste sur le mariage homosexuel.

Selon un code couleur proposé par les organisateurs – les femmes étaient habillées de blanc et les hommes de noir – les 500 participants, réunis place Royale au cœur de la cité des ducs de Bretagne, formaient l’encadrement d’un ballet qui avait pour thème que tout enfant a « le droit d’avoir un papa et une maman ».

Tandis qu’une danseuse équipée d’ailes évoluait au milieu de l’assemblée le chœur des femmes scandait « maman » et celui des hommes « papa ». A l’exception de Madame Garnier conseillère municipale (UMP), les partis politiques n’étaient pas représentés. Madame Clergeau, députée (PS), qui vient de proposer de remplacer le « congé de paternité »  par le « congé d’accueil à l’enfant », avait préféré s’abstenir.

Brandissant des pancartes telles que « Jésus aussi avait deux papas » (sic), « l’homophobie tue » ou « Jésus aime la diversité », quelques contre-manifestants  – rassemblés sous des drapeaux  « Jeunes socialistes » ou « Arc en ciel » – ont tenté en vain de perturber le happening en scandant des slogans comme «mariage pour tous, égalité de droits” ou en tentant de s’interposer dans le ballet.

Si l’intervention d’un des organisateurs a été rendu quelque peu inaudible, la confrontation est restée essentiellement verbale. Quelques échanges ont même pu s’établir entre des participants des deux camps : dialogue de sourds, en vérité, dans la mesure où le différend porte sur deux conceptions opposées : droit de l’enfant contre droit à l’enfant.

Un des contre-manifestants n’a pas hésité à déclarer « qu’il considérait qu’en République, les représentants des religions ne devaient pas intervenir dans le débat ». Interdire aux représentants des religions d’intervenir dans le débat public ? La remarque a fait sourire l’un des participants : « Outre l’atteinte à la liberté d’expression que constituerait une telle interdiction, celle-ci semble envisagée avec une géométrie très variable. On sait bien qu’aujourd’hui l’avis des représentants des différentes religions monothéistes est largement sollicité – certaines peut-être plus que d’autres – par ses amis au pouvoir au moindre fait divers dérangeant l’établissement médiatico-politique. »

Au-delà de cette confrontation, qui, au final, n’a pas vraiment mobilisé ni de part, ni d’autre, les passants, à de rares exceptions près semblaient parfaitement indifférents à cette question « sociétale » chère au pouvoir socialiste. « Il est vrai qu’il est plus facile pour ce dernier de promouvoir le ‘ mariage pour tous’ que de faire en sorte qu’il y ait, par exemple, du travail pour tous. » faisait remarquer une jeune femme revêtue de blanc, avant d’ajouter : « et cela quitte à remettre en cause symboliquement une institution plurimillénaire et à sacrifier le droit des enfants à avoir un père et une mère. Car c’est bien là en définitive le prix qu’il faudra payer pour cette politique du simulacre. »

Crédit photo :  NOVOpress Breizh