Les magouilles de l’Etat RPR devant le tribunal de Versailles

Les magouilles de l’Etat RPR devant le tribunal de Versailles

26/10/2012 –  14h00
VERSAILLES (NOVOpress) –
Les vieilles magouilles de l’Etat RPR, le parti créé par Jacques Chirac, ancêtre de l’UMP, remontent à la surface. Le parquet de Versailles (Yvelines) a requis hier deux ans d’emprisonnement avec sursis, 100 000 euros d’amende et deux ans de privation de droits civiques, contre Charles Pasqua (photo) et André Santini. Les deux anciens ministres de l’ancien président de la République sont poursuivis pour « détournement de fonds publics », « recel de faux » et pour le second, « prise illégale d’intérêt ».

Selon le représentant du parquet, Marc Brisset-Foucault, Charles Pasqua, ancien président du Conseil général des Hauts-de-Seine et André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, avaient « joué un rôle majeur » dans cette affaire en contribuant « à la mise en place d’un système pervers » ayant « permis à un escroc de s’enrichir » : Jean Hamon. En 2001, le Conseil général des Hauts-de-Seine et la ville d’Issy-les-Moulineaux avaient créé le Syndicat mixte de l’Ile Saint-Germain (SMISG) pour la construction d’un musée destiné à recevoir la donation du promoteur Jean Hamon. La ville d’Issy-les-Moulineaux assurait un tiers du budget, le reste étant pris en charge par le conseil général.

Dans l’attente de ce musée fantôme, les œuvres devaient être stockées et entretenues, aux frais du contribuable, dans un château appartenant à Jean Hamon qui touchait des frais de garde. Marc Brisset-Foucault a estimé que le syndicat mixte était « une coquille juridique qui n’avait pas de personnel ». Charles Pasqua et André Santini « validaient les factures » conçues par Jean Hamon. « Il y avait un système qui ne s’est pas fait tout seul. M. Hamon ne pouvait pas faire cela tout seul », a souligné le représentant du parquet. Le château de Jean Hamon, situé à Bullion (Yvelines), servait aussi de ferme pédagogique. L’escroc du système se faisait rembourser par le syndicat, donc les contribuables, diverses achats : des bouteilles d’eau, des croquettes pour son chien ou encore, des plantations d’arbres…

Crédit photo : UMP Photos, via Flickr, (cc).