Après Chartres-de-Bretagne (PSA), la crise rejoint Pouldreuzic (Hénaff)

Après Chartres-de-Bretagne (PSA), la crise rejoint Pouldreuzic (Hénaff)

23/10/2012 – 08h00
POULDREUZIC (NOVOpress Breizh) – Hénaff pourrait terminer l’année dans le rouge. Une première dans l’histoire de ce célèbre fabricant de pâté dont le siège est situé à Pouldreuzic (Finistère).

Cette situation est due en grande partie à la flambée que connaissent les cours du porc. En 2011, les prix du porc en vif (vivant) ont en effet augmenté de 14% et de 20% depuis le début de cette année. Cette hausse des cours est due à une augmentation de la demande venant d’Asie où l’émergence des classes moyennes a dopé la consommation de viande de porc. Mais aussi à une réduction du cheptel porcin, conséquence de la très faible rentabilité de l’élevage porcin depuis quatre à cinq ans (Le Figaro Economie, 06-07/10/12).

Cette situation touche directement le fabriquant des célébrissimes petites boites bleues et jaunes. Selon Loïc Hénaff, PDG de l’entreprise, « cette hausse, inédite depuis l’arrivée de l’euro, a été soudaine et violente. Nous sommes écrasés par le prix des matières premières et la grande distribution ne souhaite pas augmenter ses tarifs. » (Ouest-France, 12/10/12).

L’usine de Pouldreuzic, qui emploie plus de 200 personnes, traite 40.000 porcs élevés en Bretagne et produit 35 millions de boites de pâté par an, pour un chiffre d’affaires de 42,8 millions d’euros l’an passé. Si aucune suppression d’emploi n’est envisagée par la direction, les investissements comme les campagnes de publicité sont interrompus.

Si la grande distribution n’accepte pas la révision anticipée des prix demandée par toute la profession, la situation de ce secteur, qui emploie 35 000 salariés en France, risque de se détériorer rapidement. Déjà 700 emplois ont été supprimés en 2011.

« Les marchés agricoles ne sont pas des marchés comme les autres, observe un économiste. Il en va de l’alimentation d’un pays. L’auto-subsistance étant l’idéal. Un Etat conscient de ses responsabilités imposerait un encadrement des marchés pour des matières stratégiques comme le blé ou le porc. A la Libération, le général de Gaulle avait mis en place ce qu’on appelait la « planification ». Mais le néolibéralisme ne veut plus en entendre parler. Résultat : le porc fait défaut ! ». Un dossier de plus à déposer sur le bureau – déjà très encombré – d’Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif.