Madame Clergeau (PS) ne veut plus entendre parler du congé de paternité

Madame Clergeau (PS) ne veut plus entendre parler du congé de paternité

19/10/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – Le « congé de paternité »  s’appellera désormais « congé d’accueil à l’enfant ». Ainsi en a décidé la commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale, suite à un amendement déposé dans la nuit du 17 au 18 octobre par Marie-Françoise Clergeau (photo, avec Jean-Marc Ayrault), députée (PS) de Loire-Atlantique.

Cette proche de Jean-Marc Ayrault – elle a été nommée questeur de l’Assemblée nationale en 2012 – a motivé son amendement en invoquant  une « recommandation » émise en 2007 parla Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité). Cette dernière avait été saisie par un couple d’homosexuelles pacsées qui s’estimait victime de discrimination. Le couple se plaignait en effet que la compagne de la mère biologique n’avait pas pu obtenir un « congé de paternité », celui-ci étant –comme son nom l’indique– réservé au père. La Halde –qui a été dissoute le 1er mai 2011-  avait sans hésiter « recommandé » au Gouvernement de faire cesser cette discrimination – sans résultat jusqu’à présent.

La nouvelle formulation, si elle est adoptée par le Parlement, écartera donc le lien de filiation et permettra au « partenaire du parent » d’accéder au bénéfice de cette prestation sociale. Celle-ci prévoit, outre les 3 jours d’absence autorisés par le Code du travail, un congé d’une durée maximale de 11 jours consécutifs au plus (samedi, dimanche et jour férié compris) pour un enfant et 18 jours consécutifs au plus pour une naissance multiple.

Ségolène Royal, qui avait créé cette prestation en 2002 alors qu’elle était ministre de la Famille dans le gouvernement de Lionel Jospin, n’a pas du tout apprécié l’initiative de Madame Clergeau. « Ce fut (…) un autre regard sur les pères dans l’entreprise. S’il y a réforme, la spécificité du congé de paternité ne doit pas reculer ! », écrit l’ex de François Hollande sur son compte Twittter.

A défaut de pouvoir résoudre les problèmes économiques –liés pour l’essentiel aujourd’hui  à la mondialisation libérale à laquelle ils se sont ralliés sans condition– les socialistes ont pris l’habitude, depuis quelques années, d’engager des réformes dites « sociétales », présentées bien entendu comme « progressistes ». Indiscutablement, avec cette transformation sémantique du congé de paternité, Madame Clergeau s’affirme comme étant une socialiste exemplaire.

Crédit photo : manuel, via Flickr (cc).