Neukölln est partout : le racisme cordial n'existe pas

“Neukölln est partout” : le racisme cordial n’existe pas

18/10/2012 – 12h00
BERLIN (NOVOpress) — “Il vous faut une solide culture scout pour découvrir le long d’une rue commerçante longue de plusieurs kilomètres, un seul snack proposant des produits à base de porc… Cela fait disparaître le sentiment d’être chez soi”. C’est avec des observations comme celle-ci que Heinz Buschkowsky, auteur de Neukölln est partout, donne des réactions épidermiques aux Berlinois épris de politiquement correct. Dire que les pauvres se sont déjà interrogés cet hiver pour savoir si faire jouer dans un théâtre, quand la pièce l’exigeait, des acteurs européens grimés en noir plutôt que de vrais noirs n’était pas une conduite odieusement raciste, après avoir dû avaler précédemment le très critique L’Allemagne court à sa perte de Thilo Sarrazin !

L’affaire est d’autant plus dure pour eux que le scandale est issu de leurs rangs. L’auteur du livre, Heinz Buschkowsky (SPD), maire du quartier berlinois devenu multi-ethnique de Neukölln, homme d’un franc-parler que n’aurait pas renié feu Georges Frêche, se montre depuis longtemps très sceptique face au multiculturalisme. Dans ce qui est déjà un bestseller, il dénonce l’échec cuisant de la politique d’intégration malgré tous les moyens mis en œuvre, et avertit que le problème ne saurait rester confiné dans les seuls quartiers qualifiés chez nous pudiquement de sensibles, mais qu’il est appelé à s’étendre de plus en plus.

Heinz Buschkowsky, "Neukölln est partout"

Heinz Buschkowsky, Neukölln ist überall (“Neukölln est partout”)

Buschkowsky, natif du quartier qu’il a vu évoluer dont il est le premier magistrat, socialiste de la vieille école, aime être près de son peuple et le citer : “Où suis-je donc ici ? Est-ce encore ma ville, mon pays natal… ?” Un policier citant les principaux facteurs de risque selon lui : “Un individu jeune, de sexe masculin, immigré.” À propos de la solidarité entre musulmans, par exemple lors d’un accident de la circulation : “Ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas n’a aucune importance lorsqu’il s’agit d’incroyants. Les Allemands ont une réputation de proie facile.”

Il n’hésite pas non plus à flétrir en son langage fleuri les coupable de l’intégration ratée : “Un cartel de politiciens de gauche par idéologie, de philanthropes, d’individus omniscients, de tarés d’un syndrome de protection et autres réinventeurs de la démocratie, qui interdisent aux gens de dire ce qu’ils pensent.”

Lobbyistes de l’immigration : un discours rôdé

Si pour certains cet ouvrage d’un homme connu pour son grand cœur et toujours attentif aux soucis de ses administrés a pu être ressenti comme une véritable délivrance face à la prose jugée froide, voire méprisante et misanthrope d’un Thilo Sarrazin, il a suscité aussi force critiques.

Ainsi Aziz Boskurt, président du groupe de travail “migrations” du SPD (socialistes), se fend-il d’un article dans la Berliner Zeitung où il accuse Buschkowsky de véhiculer “un mode de pensée raciste”. À son avis, ce livre n’aurait tout simplement jamais dû être publié. Ses critères sont les suivants: “Le racisme, c’est quand on remet en cause l’égalité absolue entre les hommes, en combinant cette pensée avec des généralisations, des jugements globaux sur ‘les Turcs’, ‘les Arabes’, ‘les musulmans'”. Une grille de lecture qui escamote de fait le racisme anti-européen, tout en permettant de découvrir dans l’ouvrage de Buschkowsky “beaucoup de passages qui sont des argumentations racistes dans leur fond”. Quand il écrit par exemple : “Nous éduquons nos enfants à la non violence dans les rapports entre personnes à inculquons ceci à notre descendance. D’autres apprennent à leurs fils qu’il faut être fier, courageux et combatif”, ce serait là un bel exemple d’amalgame et de “rabaissement des autres soi-disant non allemands”. Tout ceci exprimé dans un langage populaire rend ces propos encore plus dangereux ! Le maire de Neukölln n’aurait “pas compris que les ‘autres’ sont également allemands”. Il réveillerait des peurs, et si on lui accorde le droit de s’exprimer de cette manière, alors “tous les Allemands biologiques auront le droit d’exiger qu’Ali fasse plus d’efforts, s’il veut être accepté”.

Un discours rôdé. On l’aura compris, quelle que soit la langue dans laquelle ils s’expriment, les lobbyistes de l’immigration utilisent tous les mêmes termes, et cherchent à imposer les mêmes schémas de pensée, contraires à l’intérêt des européens de souche et loin du ressenti quotidien des populations et des réalités du terrain. Buschkowsky qui n’a jamais voulu occulter les difficultés, la délinquance des jeunes, le chômage, les mariages forcés et les crimes d’honneur, a bien du mal à faire passer son message dans son parti. Il fustige les professionnels du discours creux qui se servent du politiquement correct pour masquer leur inactivité, le fantasme de l’enrichissement culturel, le mépris de nos propres valeurs et le masochisme social. Il a toujours affirmé que l’intégration passait en priorité par l’éducation des jeunes enfants, par le respect d’un certain nombre de règle de la vie en société, et met aujourd’hui en garde contre l’émergence d’un sous prolétariat impossible à intégrer. Il connait bien la réalité du terrain, obligé qu’il est depuis des années d’embaucher des vigiles – pour la plupart d’origine immigrée – pour maintenir un semblant de tranquillité dans un certain nombre d’établissements scolaires de son quartier.

Crédit photo : SmartLightLiving via Flickr (cc)