Italie : polémique autour de l'inauguration d'une monument à la mémoire du partisan Giovanni Balbinot

Italie : polémique autour de l’inauguration d’une monument à la mémoire du partisan Giovanni Balbinot

Convoi de partisans dans une ville italienne. Crédit : DR

13/10/12 – 12h00
ROME (NOVOpress)
– L’inauguration, qui aura lieu demain dimanche 14 octobre, du monument à la mémoire du partisan communiste Giovanni Balbinot suscite la controverse. « C’est très bien de célébrer la mémoire des partisans, mais il serait tout de même préférable d’éviter d’honorer ceux qui ont été impliqués dans des événements indignes. » Cette accusation vient de la fille de Vincenzo Abbiati, un fasciste victime des partisans à San Floriano, le village où vient d’être installée une statue à la mémoire de « Tumori », le nom de guerre de Balbinot, médaille d’argent de la valeur militaire, décédé à 85 ans en 2006.

Une affirmation qui rouvre la question du « sang des vaincus », c’est-à-dire les exécutions extrajudiciaires perpétrées par les « antifascistes » après la fin des hostilités (en Italie) le 25 avril 1945. Vincenzo Abbiati, que les partisans considéraient comme un collaborateur, a été l’une des victimes de cette époque de haine. Lombard d’origine, il avait 33 ans à la fin de la guerre et sa femme était enceinte de sa fille qui reconstitue aujourd’hui le drame d’après les témoignages de proches : « Mon père a été emmené à Santa Croce del Lago le 6 mai 1945 par quatre partisans. Ils l’ont emmenés au centre de Fadalto Basso. Ici, il a été abattu non loin de l’endroit où ils ont fait aujourd’hui le monument. Puis, ils ont chargé son corps sur une brouette et l’ont transféré au cimetière. Cette commémoration dans cet endroit est évidemment très douloureuse pour moi. »

Embarassé, Pierpaolo Brescacin, directeur scientifique de l’office historique de la résistance, affirme n’avoir pas d’éléments précis sur cette affaire, se bornant à dire qu’il est « vrai que l’ombre de la guerre s’est prolongée au-delà de la fin officielle des hostilités et il y a eu des incidents sanglants assez nombreux jusqu’à ce que les alliés anglo-américains fassent pression pour “calmer” les partisans et normaliser la situation ».