Élections communales en Belgique : interview d'Aldo-Michel Mungo

Élections communales en Belgique : interview d’Aldo-Michel Mungo

Interview d’Aldo-Michel Mungo, militant islamovigilant à Bruxelles, coordinateur des « Résistants ». Propos recueillis par Édouard Tressalec. Crédit photo : Novopress via Flickr (cc)

Si on ne met pas rapidement en place quatre mesures urgentes (stop migratoire, fin de la binationalité, interdiction du vote étranger, fin des aides sociales automatiques) la Belgique va devenir le laboratoire expérimental d’un suicide collectif politiquement programmé.

Aldo-Michel  Mungo, vous avez participé, le 18 décembre 2010, à Paris, aux Assises sur l’islamisation, en tant que coordinateur d’un réseau nommé « Les Résistants ». Une intervention chaudement applaudie et plébiscitée sur Youtube par plus de 500.000 vues en moins de 18 mois. Pourriez-vous nous rappeler brièvement en quoi consiste ce réseau et quelle est sa situation actuelle ?

L’organisation résiliente Les Résistants se définit elle-même ainsi : Constatant qu’il n’y a pas de volonté réelle de s’opposer efficacement aux activistes qui se prévalent de l’islam ; « Les Résistants » forment un réseau international d’intervenants laïques, soucieux de combattre l’intégrisme musulman sous toutes ses formes ; considérant que l’on n’a pas viré la soutane pour aujourd’hui hériter de la burqa, notre réseau décortique l’actualité avec impertinence et sans tabou.

Le combat contre l’islam rigoriste, qui remet en cause nombre de conquêtes progressistes (séparation de l’Église et de l’État, égalité hommes-femmes, émancipation, mixité.) est une obligation morale. Le silence de certains intellectuels, qui se comportent en « idiots utiles » de l’islamisme, est choquant, sinon comment expliquer cette constante coïncidence d’attitudes, les uns actifs et les autres les laissant agir, entre l’humanisme allégué et l’islamo-fascisme ?  Et, question subsidiaire, de quoi se nourrit cet humanisme au petit pied, confus et vasouillard, lorsqu’il se compromet avec le fascisme vert, ses militants et autres lanceurs de pavés ? Notre volonté est de casser l’esprit de chapelle qui divise trop souvent les démocrates dans le combat contre l’extrémisme. Notre combat, c’est celui contre le retour de la bigoterie en général, et surtout islamiste pour le moment. Ce qui mobilise indifféremment des gens de droite et de gauche.

Les anciens gauchistes recyclés ont longtemps dominé le débat d’idées. C’est fini. Nous avons décidé de recadrer l’enjeu, d’exprimer le mécontentement de la population, et d’occuper l’espace laissé vacant par les pleutres. Ces pleutres qui font la promotion des accommodements dits « raisonnables », en d’autres termes, du détricotage des acquis de la laïcité, combat historique de la gauche, pour séduire la frange la plus conservatrice et bigote des musulmans.

L’immigration musulmane est sacralisée au point que le désaccord ne peut exister et être raisonnablement débattu. Nous dénonçons l’embrigadement des sciences sociales, qui a fait le vide, au détriment d’une pensée raisonnée pensant à partir des faits relatifs à cette immigration musulmane.

Le message que nous lançons aux militants islamistes est le suivant : l’Europe ne sera jamais une terre d’islam. Nos valeurs – la laïcité, l’égalité et l’émancipation de l’homme – ne sont pas négociables. Tout accommodement, en la matière, serait déraisonnable. Pas question de faire passer le prescrit religieux avant le contrat social.

Nous dénonçons l’entrisme sournois de l’islam radical qui nous est insupportable et appelons à mettre plus que jamais en commun nos énergies, nos idées et nos propositions. Nous posons comme argument irréfutable que ce n’est pas parce qu’un phénomène semble marginal qu’il ne comporte pas de dangers réels.

Le réseau comporte des membres en France, Belgique et Suisse, avec des sympathisants au Québec. Son fonctionnement est celui des mouvements souterrains résilients qui se font désormais jour dans tous les pays européens, à savoir le refus, hétérogène, de se voir imposer d’en haut une vision idéaliste, désincarnée du vivre ensemble, un politiquement correct comparant toute volonté de conserver un certain art de vivre comme réactionnaire, analysant enfin tout refus de confondre ouverture et disparition comme raciste.

Alors que la campagne pour les élections communales bat son plein en Belgique, « Les Résistants » ont appelé récemment les électeurs belges francophones à ne voter pour aucune des quatre grandes familles politiques en lice (PS, ECOLO, CDH, MR). Et cela suite à la constatation que ces quatre partis présentent chacun des candidates voilées dans certaines communes. Pensez-vous que, désormais, au nom d’un certain réalisme électoraliste tendant à flatter l’électorat musulman, notamment à Bruxelles, les principales familles politiques, en cela compris le MR réputé libéral et « de droite », se sont engagées dans une voie susceptible de favoriser à terme les intérêts d’un certain islam politique ?

Élections communales en Belgique : interview d'Aldo-Michel Mungo

Crédit photo : Novopress via Flickr (cc)

Je suis le seul membre du réseau des Résistants qui se soit dévoilé à ce jour, parce qu’il fallait qu’un d’entre-nous le fasse, mais je ne suis qu’un des coordinateurs. Les prises de position des Résistants sont très rares, car la première activité est de relayer des informations méconnues ou non traitée par les médias traditionnels.

Pour tous ceux qui s’intéressent un peu à la politique, le MR est connu pour certaines de ses positions qui l’opposent à ceux que l’on qualifie d’islamo-gauchistes (PS, Ecolo et CDH). Le PS a fait le choix de draguer ouvertement les communautés musulmanes et de favoriser le démarchage dans les mosquées. Ecolo a fait siennes toutes les revendications de l’organisation des Frères Musulmans, en matière d’accommodements raisonnables, qui font partie de leur programme. Quand au CDH, c’est le parti qui a fait entrer dans un parlement une élue voilée, Mahinur Ozdemir qui se revendique ouvertement du mouvement Nurcu de l’islamiste turc Fethulla Gulen. Remarquez que lorsqu’elle a prêté serment, la présidente de l’assemblée, la MR Antoinette Spaak, n’a pas usé de ses pouvoirs de police de l’assemblée pour lui interdire de prêter serment voilée ; et pourtant elle en avait l’absolu pouvoir. Aucun élu d’aucun groupe politique n’a quitté la salle en signe de protestation. Pour nous c’est la preuve qu’au delà des discours, personne n’a de réelle volonté de faire changer de direction les évènements.

Jusqu’à présent, le MR s’est toujours positionné comme défenseur de la laïcité. Il a également toujours dénoncé les pratiques électoralistes (dont le maître en la matière est Philippe Moureaux) que sont la pêche au vote communautaire. Mais ça, c’était avant, c’était à l’époque du MR de Daniel Ducarme et de Didier Reynders ! L’un est mort, l’autre essaye de justifier l’injustifiable sur les plateaux de télé et paraître être le garde-fou aux actuelles dérives. Mais son avenir personnel l’intéresse bien plus que l’avenir collectif…

Car le MR a changé… il est passé aux mains du clan Michel et de leurs amis. Faut-il y voir un virage à 180° ? Certainement. L’affaire de la candidates voilée de la liste hypocrite de Saint-Josse est exemplative, car c’est bien une liste MR, parrainée discrètement par le MR (la couleur du MR sans le goût du MR).

On peut vouloir écouter les personnes issues de la diversité sans pour autant faire du communautarisme ni renier nos valeurs.

Et sur cette question je vais vous dire ce que je pense : je donne raison à Aristote lorsqu’il disait “L’absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C’est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre”.

À Heusden en Flandre, il existe une liste composée de 31 candidats, 26 d’entre-eux ont un patronyme turc, 4 sont flamands et 1 est italien. Vous pensez vraiment que dans ces conditions la paix civile peut être assurée ?

« Les Résistants » n’ont toutefois pas appelé les électeurs à voter « blanc » ; ce qui signifie en Belgique, où le vote est obligatoire, ne voter pour aucun parti en lice. Mais vous n’avez donné aucune consigne de vote. Alors que l’on sait que plusieurs petits partis de droite populiste et de droite extrême se présentent dans certaines communes. Alors quel est le message subliminal ?

Il y a aussi des petits partis de gauche et d’extrême-gauche qui ne renient pas le combat pour la laïcité qui est historiquement le leur. Il y a aussi un autre parti parlementaire francophone qui présente des listes partout en Wallonie et à Bruxelles où il y a la possibilité de voter pour des listes néerlandophones, pour ceux qui ont des racines flamandes comme c’est mon cas. Enfin, s’agissant d’un scrutin communal, il y a énormément de petites listes locales pour des enjeux locaux.

Vous voyez, il n’y a aucun message subliminal !

Je donne raison à Aristote lorsqu’il disait “L’absence de communauté nationale est facteur de guerre civile, tant que les citoyens ne partagent pas les mêmes valeurs de civilisation. Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard, et elle a besoin de temps pour se coaguler. C’est pourquoi, parmi ceux qui ont accepté des étrangers pour fonder une cité avec eux, et pour les intégrer à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. Par exemple, les tyrans de Syracuse, en ayant naturalisé les immigrés, ont dû subir des révoltes. Citoyens et étrangers en sont venus à se combattre”. À Heusden en Flandre, il existe une liste composée de 31 candidats, 26 d’entre-eux ont un patronyme turc, 4 sont flamands et 1 est italien. Vous pensez vraiment que dans ces conditions la paix civile peut être assurée ?

La situation apparaît bien différente en Flandre. Alors que le Vlaams Belang de Filip De Winter, bien connu de la mouvance nationaliste en France, dominait jusqu’ici le paysage flamand, on le voit aujourd’hui très largement concurrencé par la Nieuw Vlaamse Alliantie (NVA) de Bart De Wever, dont le caractère islamo-vigilant est parfois contesté. Pensez-vous que dans ce domaine du combat, la NVA constitue un partenaire fiable ou qu’elle apparaît plutôt comme une formation adepte d’un nationalisme, dur à l’égard des francophones, mais par trop ouvert aux compromis, dans le domaine, par exemple, de la politique d’immigration ?

Pour ma part, il y a une chose très claire : le Vlaamse Belang est un parti foncièrement raciste à l’encontre des belges francophones qui sont abreuvés d’injures depuis 30 ans. Je n’ai donc rien à leur dire. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai refusé l’invitation d’Alain Wagner à venir m’exprimer à la tribune de l’International Civil Liberties Alliance (ICLA) au Parlement Européen le 9 juillet dernier ; comme je n’ai pas participé aux travaux préparatoires en Allemagne et comme je n’ai pas signé l’acte de constitution : le VB étant de la partie.

J’estime que pour combattre Satan, on ne s’allie pas avec Belzébuth.

Quand à la NVA, j’ai été contacté par un de leurs principaux dirigeants pour échanger nos visions des problèmes belges. J’en retiens qu’ils sont dans une pure logique de conquête du pouvoir en Flandre et qu’ils réussissent là où le VB a échoué. De mes conversations, je ne me fait aucun soucis sur leur sincérité et leur efficacité dans leur combat contre l’islam politique en Flandre. Car pour moi il n’existe en soi pas de problème à ce que des candidats arabes, turcs ou africains figurent sur une liste électorale ; pour autant qu’ils aient une compétence autre que celle de leur nationalité d’origine. Le vivre ensemble implique un changement radical d’attitude de la part de chacun. D’une part, il faut cesser de voir en étranger tout homme dès lors qu’il n’est pas blanc : le sens de la citoyenneté n’a pas de couleur. Mais, d’autre part, il faut être intraitable avec ceux qui escomptent violer les valeurs de notre contrat social sous prétexte de leur propre origine. À cet égard, la tolérance n’est pas de mise, et la contrainte est de rigueur.

Les principaux partis, largement portés par le vote allochtone musulman, tout particulièrement à Bruxelles semblent avoir le vent en poupe. Peut-on dire que nous sommes à un tournant de l’histoire politique belge, qui verra désormais monter en puissance, de manière inéluctable, plus particulièrement à Bruxelles, l’influence politique de l’islam, via les partis traditionnels ? Peut-on imaginer l’avènement, dans les prochaines décennies, d’une Belgique où le pouvoir des mosquées égalera, voire surpassera, l’influence qu’y eut jadis l’Église catholique ?

Élections communales en Belgique : interview d'Aldo-Michel Mungo

Crédit photo : Novopress via Flickr (cc)

C’est le nœud du problème, particulièrement à Bruxelles et dans les grandes villes du pays. Lorsque j’ai dit à la tribune des Assises de l’islamisation en décembre 2010, que 40% des Bruxellois étaient musulmans, j’ai été dans les jours suivants traité de menteur et de manipulateur de chiffres. À l’époque la vérité officielle était que les musulmans ne représentaient que 380.000 personnes dans l’ensemble du pays. Un mensonge d’Etat pour ne pas affoler la population. Dans le Vif/L’Expressdu 8 juillet dernier un sociologue socialiste donnait l’évolution du poids du vote des naturalisés (à 85% musulmans) ils dépasseront dans quelques années les 20% dans le pays et sont déjà plus de 50% à Bruxelles. Nous sommes donc dans un phénomène de substitution accélérée de populations. Si on ne met pas rapidement en place quatre mesures urgentes (stop migratoire, fin de la binationalité, interdiction du vote étranger, fin des aides sociales automatiques) la Belgique va devenir le laboratoire expérimental d’un suicide collectif politiquement programmé. Avec de telles proportions de populations musulmanes dans certaines communes et l’accession de majorités politiques composées d’allochtones musulmans, c’est évident que les mosquées dirigeront et donneront l’impulsion politique. Cela ne peut aboutir qu’à des troubles violents lorsque des décisions locales seront contraires à la Constitution.

Au-delà de l’échec probable des formations populistes de droite aux élections du 14 juin, croyez-vous, de manière plus générale, en la viabilité de la stratégie électorale dans les conditions actuelles ? Vous êtes vous-même l’un des fondateurs d’un mouvement politique nommé « LA DROITE ». Ce mouvement a-t-il l’ambition de se muer en parti ?

Si en 2014, on ne fait pas élire au moins trois députés fédéraux, et le double dans les parlements régionaux, pour contrer les partis en place, le pays est véritablement foutu car il n’y aura aucune chance d’y réussir ultérieurement. Et quand je parle d’avoir des élus, je parle de personnes ayant du charisme, des compétences, du coffre ! Pas un de ces clowns tristes qu’on nous propose habituellement à chaque élection depuis 30 ans.

LA DROITE réunira ses instances nationales en novembre prochain. Nous ferons la synthèse de ces élections, mais en ne perdant pas de vue que les enjeux locaux priment pour l’électeur et que de multiples listes se présentent sous forme de cartel ou de dénominations municipales. Néanmoins, dans certaines communes, et souvent pas des moindres, tous les partis se présentent sous leurs propres couleurs. La question de la transformation du mouvement LA DROITE en parti politique sera posée car de nombreux membres ont déjà demandé à ce qu’elle soit posée.

La prochaine échéance électorale est en juin 2014. Et quelle échéance ! Régionales, législatives et européennes seront couplées avec tout l’effet démultiplicateur que cela aura.

À droite du MR, élections après élections, 15% des électeurs votent en ordre dispersé pour des listes non-crédibles qui échouent donc lamentablement. En cause l’extrémisme politique, que le belge n’aime pas, et le manque de programme structuré.

Ce qui est certain c’est, qu’après ces élections d’octobre 2012, ceux qui auront échoué à passer le cap des 5% de voix, indispensables en 2014, doivent avoir l’intelligence de tirer les conclusions de leur échec patent et passent la main.

Si en 2014, on ne fait pas élire au moins trois députés fédéraux, et le double dans les parlements régionaux, pour contrer les partis en place, le pays est véritablement foutu car il n’y aura aucune chance d’y réussir ultérieurement. Et quand je parle d’avoir des élus, je parle de personnes ayant du charisme, des compétences, du coffre ! Pas un de ces clowns tristes qu’on nous propose habituellement à chaque élection depuis 30 ans.