Pacte budgétaire européen : la course contre la montre de François Hollande

Pacte budgétaire européen : la course contre la montre de François Hollande

08/10/2012 — 16h00
PARIS (NOVOpress) — Tant l’autorité que la popularité de François Hollande traversent une bien mauvaise passe: la presse de gauche allemande ne peut que le reconnaître. Il se voyait récemment encore dans la peau d’un avant-gardiste, inspirant à l’Europe de nouvelles voies pour améliorer la situation économique et l’emploi, mais aujourd’hui sa propre majorité lui cause bien des soucis. Communistes et Verts, mais aussi certains socialistes, voient dans le pacte de stabilité européen un frein à la croissance et une destruction d’emplois programmée.

Certes, d’un point de vue purement comptable, la majorité lui est acquise, mais avec les voix de l’UMP dont les députés se font un plaisir de répéter à qui veut l’entendre, que le nouveau pacte est à la virgule près identique à celui mis au point par le couple Merkel-Sarkozy en mars dernier. Et le visionnaire auto-proclamé qui pourrait faillir à convaincre son propre camp, craint à l’évidence une perte de crédibilité supplémentaire, tant en France qu’en Europe.

Le voilà donc engagé, avec son Premier ministre, dans une course contre la montre pour bricoler impérativement une majorité grâce au parti gouvernemental et ses alliés. « Vous le savez, martèle-t-il, un vote négatif se solderait par une crise politique et la fin de l’union monétaire ».

Il ne peut pas ignorer non plus la chute de sa popularité: moins onze points rien que le mois dernier. Les promesses rassurantes affirmant que le pays passerait la crise sans encombres ont été sérieusement remises en question par la hausse des impôts, et des économies de 30 milliards d’euros. L’institut national de la statistique lui a d’ailleurs rappelé encore récemment que l’économie stagne depuis neuf mois, et que le chômage passera la barre des 10 % encore avant la fin de l’année.

Pour calmer le jeu dans son camps, Hollande se fait discret sur le plan européen. Pendant que les discussions quant à savoir sur quels points l’UE (Union européenne) devrait d’urgence se mettre d’accord vont bon train à Berlin, Rome ou Madrid, Paris se mure dans le silence.

Le Président a déjà fait la douloureuse expérience du potentiel explosif de la politique européenne. En 2005, il s’est battu en faveur de la constitution européenne, alors que d’autres membres influents du parti, tout comme la majorité du peuple, l’ont rejetée. Le PS a eu bien du mal à s’en remettre. D’ailleurs, sous Mitterrand déjà, de violentes luttes intestines divisèrent la parti, suite à la volonté présidentielle de soumettre les accords de Maastricht à un référendum.

Ce climat quelque peu délétère pourrait-t-il remettre en cause les réformes sociétales controversées actuellement en gestation?

Source

Crédit photo: François Hollande via FlickR (cc)