"Regard identitaire sur le film anti-musulman et l'agitation salafiste" par Julien Langella, membre de la Direction de Génération Identitaire

“Regard identitaire sur le film anti-musulman et l’agitation salafiste” par Julien Langella, membre de la Direction de Génération Identitaire

Tribune libre de Julien Langella, membre de la Direction de Génération Identitaire (photo ci-dessous)
Julien Langella, membre de la Direction de Génération Identitaire

Depuis plusieurs semaines, des émeutes agitent le monde arabe en réaction à un film amateur jugé « islamophobe ». En France, des manifestations « salafistes » ont eu lieu. A Paris, la police a même dispersé tout attroupement, même inopiné, de femmes voilées et d’individus portant des signes d’appartenance à l’islam. Dans son édition de mercredi dernier, le journal satirique Charlie Hebdo a publié des caricatures du prophète Mahomet et met en garde contre les tentatives « fascistes » de censure. L’une des caricatures de Mahomet montre celui-ci de dos, en pleine prière et entièrement nu, avec une étoile sur l’anus. En commentaire : « Une nouvelle étoile est née ».

En tant qu’Identitaire, je ne suis pas solidaire de Charlie Hebdo, dont le seul fonds de commerce depuis des années est la représentation de nonnes en pleine relation sexuelle avec des crucifix ou du pape sous l’emprise du cannabis. La discussion et la critique des religions doit rester possible. Mais il ne faut pas être dupe : derrière l’insulte constante à l’égard du catholicisme, c’est nos racines chrétiennes qu’insulte Charlie Hebdo. Ces racines appartiennent à tous les Français, qu’ils soient croyants ou non. C’est notre héritage, notre identité. De plus, Charlie Hebdo n’est ni drôle, ni subversif.

En tant qu’Identitaire, je ne suis pas dans le camp de ceux – féministes, laïcards, libéraux-libertaires – qui s’opposent aux salafistes ou à l’Islam tout entier au nom des « valeurs républicaines », de la liberté sexuelle ou de la « tolérance ». Je ne ressens rien à l’évocation de ces notions abstraites qui peuvent appartenir à des milliards de personnes à travers le monde. Ceux qui les brandissent comme un étendard de résistance à l’islam conquérant n’ont pas compris que c’est une conception anarchique de la liberté individuelle, le rejet de la morale patriarcale par un féminisme imbécile, le culte de la jouissance à tout prix et du plaisir sans limite qui ont créé ce désert spirituel et moral en Europe constituant un terreau fertile à l’islam.

Je n’ai rien en commun, non plus, avec ces néo-conservateurs américains qui appellent à une croisade de « l’Occident » pour imposer ses valeurs aux pays musulmans. Il n’y a pas de hiérarchie entre les cultures : chacune est respectable dans le contexte humain et historique qui l’a vu naître et se développer. Respectueux de la liberté et du génie particulier de chaque peuple, et aussi parce qu’il n’est pas souhaitable d’imposer aux autres ce dont nous cherchons à nous libérer, soyons contre tous les impérialismes quels qu’ils soient.

Aucun « front commun occidental » n’est possible avec une puissance, comme les États-Unis, qui soutient activement l’intégration de la Turquie dans l’Europe, promeut en France la discrimination positive via sa diplomatie des banlieues (dans lesquelles elle investit des millions chaque année), et n’hésite pas à s’ingérer par la force dans les affaires de notre continent : en bombardant les civils serbes en 1999 et en soutenant la sécession du Kosovo sous la pression des Albanais musulmans occupant cette province. L’avenir européen doit être celui de l’indépendance totale vis-à-vis de Washington dans l’amitié avec le monde slave et russe. Ni Allah, ni USA !

Je défends une terre (l’Europe), une tradition et une culture (grecque, latine et chrétienne), et des peuples (les Européens de souche). C’est-à-dire des réalités concrètes, visibles, palpables. Je suis d’abord et avant tout un enraciné : mon combat, c’est celui de notre terre et de ses habitants ; il n’est pas idéologique et n’a aucune vocation universelle. Ma seule Internationale, c’est celle des peuples en lutte pour la défense de leur identité, du Chiapas au Tibet en passant par la Serbie et le Liban.

Le « salafisme » est l’arbre qui cache la forêt de l’islamisation quelle qu’elle soit. Quelle différence entre une mosquée chiite ou salafiste dès lors qu’elle est construite sans que notre peuple soit consulté ? Quelle différence entre des horaires de piscines réservés à des musulmanes salafistes ou wahhabites dès lors qu’un lieu public nous est interdit d’accès ? La viande hallal certifiée par un imam soufi a-t-elle meilleur goût qu’un mouton sacrifié sous l’œil d’un salafiste ? Ces querelles ne me regardent pas, elles ne concernent que les musulmans eux-mêmes. Peu importe sa tendance, je ne veux pas de l’islamisation de la France.

L’arbre salafiste cache une forêt encore plus grande : l’immigration massive et continue qui se déverse d’Afrique et d’Asie vers l’Europe depuis 40 ans. Sans elle, le problème de la cohabitation avec l’Islam ne se poserait pas. La religion musulmane est libre d’exister au-delà des limites de l’Europe. Cela n’empêche pas d’être viscéralement opposé à l’islamisation de notre continent en tant que conquête et à l’immigration de masse en tant que colonisation.

Quant à cette immigration, elle ne fait que dissimuler le libéralisme dont elle est la conséquence directe : la mondialisation capitaliste exige pour la compétitivité des entreprises que les frontières, territoriales (le laisser-passer) comme morales (le laisser-faire), soient abolies. Le jacobinisme tendait à isoler l’individu face à l’État, le mondialisme assujettit la personne aux lois du marché.

Alors, et pour en revenir à l’agitation salafiste, ce que la crise actuelle doit inspirer à tout militant identitaire, c’est l’urgente nécessité de développer encore plus son enracinement (sa plus longue mémoire) et son esprit de communauté : ce sont les seuls antidotes viables aussi bien à l’ennemi intérieur qu’à celui extérieur.