Italie : Grand deuil politico-médiatique après la mort de « l’archevêque des immigrés »

Italie : Grand deuil politico-médiatique après la mort de « l’archevêque des immigrés »

23/09/2012 — 16h00
ROME (NOVOpress) –
Dans l’appareil politico-médiatique italien, tout le monde y est allé de sa larme après la mort de Mgr Bruno Schettino, décédé sans sacrements dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 71 ans, probablement d’un arrêt cardiaque. Une religieuse l’a trouvé mort le matin.

Archevêque de Capoue depuis 1997, Mgr Schettino avait mis d’emblée « la défense des migrants » au centre de son action pastorale. Comme le rappelle La Repubblica, « il ne manquait jamais aucune manifestation pour la défense des immigrés ». Il avait souligné la nécessité d’accorder des permis de séjour à tous les clandestins de son diocèse, avec ce bel argument : « De cette manière, ils deviendront immigrés réguliers et ils pourront aussi aller chercher du travail ailleurs ». Un de ses points forts était le dialogue interreligieux, dans le cadre duquel « il promouvait des rencontres avec les imams musulmans ».

Son engagement lui avait valu d’être contesté dans son propre diocèse : « lors de manifestations contre la présence des immigrés, des pancartes avaient été brandies avec des invectives contre sa personne ». La Conférence épiscopale italienne, en revanche, l’avait récompensé en le nommant président de la Commission épiscopale pour les migrations (« une des commissions les plus actives de la Conférence épiscopale » ), ainsi que de l’association « Migrantes » pour l’accueil des immigrés – car, quand il s’agit de favoriser l’immigration, l’Église conciliaire est même prête à ressortir le latin.

Selon l’abbé Alfonso Calvano, responsable régional de l’association « Migrantes », « il s’agit d’une perte gravissime pour le monde de la mobilité humaine ».

Le président de la Chambre des députés, l’ex-fasciste devenu antifasciste Gianfranco Fini a adressé un message de condoléances, « en cette journée de deuil », au président de la Conférence épiscopale italienne. « En la personne de Mgr Schettino, a écrit Fini, disparaît un homme d’Église qui a soutenu toute sa vie les droits des immigrés, en favorisant leur intégration sociale et en s’engageant contre toute forme de discrimination et de préjugé ».

Pour le ministre de la Coopération internationale et de l’intégration, Andrea Riccardi, « la disparition de Mgr Schettino laisse un grand vide mais aussi un grand héritage moral ». Et Riccardi, ministre dans le gouvernement italien de la Goldman Sachs, s’y connaît en morale. Presque autant que Fini.