Pacte budgétaire européen : le gouvernement met les députés sous pression

Pacte budgétaire européen : le gouvernement met les députés sous pression

21/09/2012 — 08h00
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) –
Ce nouveau traité européen, hérité de Nicolas Sarkozy, est soutenu par le gouvernement actuel, mais très critiqué par l’aile gauche du Parti socialiste, selon qui il condamnerait la France à l’austérité. Alors que vont s’ouvrir les journées parlementaires du parti, le gouvernement s’emploie donc par tous les moyens à convaincre l’ensemble des députés socialistes de voter ce texte.

Comment espère-t-il les faire changer d’avis ?

Toutes les méthodes auront été essayées. Ainsi, le gouvernement joue‑t‑il de la séduction : un député socialiste réticent, Olivier Dussopt, confiait avoir été invité à dîner, trois fois déjà, par Bernard Cazeneuve, le ministre des Affaires européennes. Ce dernier n’hésite pas à admettre les imperfections du traité, avant d’affirmer par la suite qu’il faut, tout de même le voter. Parfois, le gouvernement se fait plus menaçant ; Jean‑Marc Ayrault a appelé les députés socialistes à être solidaires du gouvernement puisque, d’après lui, ils n’auraient été élus que grâce à François Hollande. Selon Europe 1, un ministre aurait même menacé de démissionner de son poste de député, pour provoquer une législative partielle, et donc chasser son suppléant de l’Assemblée nationale.

Les opposants socialistes au traité budgétaire peuvent-ils donc bloquer le texte ?

Pas nécessairement, car ils ne sont finalement pas si nombreux : seuls une vingtaine de députés socialistes font clairement opposition au traité. C’est très peu. De plus, le gouvernement socialiste pourra compter sur l’aide de l’UMP, qui soutient majoritairement ce texte. Mais d’autres oppositions se font entendre : plusieurs dirigeants politiques, comme Marine le Pen ou Jean-Luc Mélenchon, ont demandé un referendum ; le député gaulliste Nicolas Dupont‑Aignan a, d’ailleurs déposé à l’Elysée une pétition de 10.000 signatures exigeant que ce traité soit soumis au choix du peuple. Une demande somme toute logique, quand on sait que c’est tout bonnement la souveraineté budgétaire de la France qui est en jeu…

Crédit photo : DR.