Angleterre : 50 millions à une compagnie privée pour envoyer des SMS aux clandestins

Angleterre : 50 millions à une compagnie privée pour envoyer des SMS aux clandestins

20/09/2012 – 08h00
LONDRES (NOVOpress) — Aveu d’impuissance face à une immigration clandestine de plus en plus incontrôlable ? Geste cynique d’un gouvernement déterminé à ne rien faire mais qui doit faire semblant de faire quelque chose ? Ou, tout simplement, gaspillage ordinaire de fonds publics qui ne seront pas perdus pour tout le monde ? L’agence britannique des frontières (UK Border Agency) s’apprête à signer un contrat de 40 millions de livres (50 millions d’euros) avec la société de services Capita pour « se mettre en contact » avec les immigrés clandestins.

En juillet dernier, il a été révélé que l’UK Border Agency compilait tranquillement depuis 2008 (« compilait, compilait, compilait », pour citer Voltaire) une liste des travailleurs et étudiants étrangers qui s’étaient vus refuser une prolongation de leur visa après expiration, étaient censés avoir quitté la Grande-Bretagne dans les 28 jours, mais « étaient susceptibles d’y vivre illégalement » : c’est ce qu’on appelle le Migrant Refusal Pool (littéralement le Réservoir du Refus Immigré). Inévitablement, comme l’agence ne faisait rien d’autre que compiler, la liste ne cessait de s’allonger : 159.313 noms en décembre 2011, 174.057 fin juin 2012.

L’UKBA s’est donc décidée… à signer un contrat avec Capita. « Capita contactera les immigrés dont le nom figure sur la liste, en leur téléphonant, leur adressant des courriels et même ( !) en leur envoyant des SMS, mais ne leur rendra pas visite personnellement. Lorsque la société sera entrée en contact avec eux, elle essaiera de les aider à obtenir les documents corrects pour leur voyage et à trouver des vols pour rentrer dans leurs pays d’origine ». Et si les immigrés refusent de partir ? En ce cas, « Capita le dira à l’UKBA ».

Un projet expérimental conduit avec Serco, une autre société de services, avait établi que 20% des immigrés contactés quittaient la Grande-Bretagne dans les six mois. 20%, un sur cinq : et la liste n’inclut que les immigrés qui, à l’origine, étaient munis d’un visa, pas ceux qui sont entrés illégalement ni les demandeurs d’asile déboutés. Bref, une goutte d’eau.

Quitte à se déclarer impuissant, le gouvernement britannique pourrait s’inspirer de ce qui se passe en Grèce. L’Aube dorée y fait le travail de la police, mais, au moins, elle le fait gratuitement. Et elle obtient des résultats.