Suisse : Immigration, Islam et violences conjugales

Suisse : Immigration, Islam et violences conjugales

17/09/2012 – 18h45
BERNE (NOVOpress) — Les immigrés musulmans ont-ils plus tendance à battre leurs femmes ? Beaucoup le soupçonnent en Europe mais peu sont en état de le prouver : et pour cause, puisque les statistiques sont communément tenues secrètes. Exceptionnellement, à Bâle, en Suisse, la police a publié les chiffres. En 2011, 310 cas de violences domestiques ont été suffisamment graves pour donner lieu à des suites judiciaires. 63% des auteurs de violences et 56% des victimes étaient des étrangers – la différence entre les deux chiffres correspond, bien sûr, à des femmes suisses qui ont cherché le bonheur dans la diversité. En comparaison, la proportion d’étrangers à Bâle, quoique énorme en soi, n’est que de 32%.

Une nouvelle législation contre la violence domestique permet à l’administration d’éloigner du domicile conjugal pour 12 jours les personnes qui continuent à commettre des violences. Même surreprésentation des immigrés : sur 46 ordres d’éloignement dans la ville de Bâle en 2011, 30 concernaient des étrangers ; au niveau du canton, le chiffre est de 55 sur 81.

Encore ces chiffres officiels minorent-ils fortement la réalité puisque, selon Peter Gill, porte-parole du parquet de Bâle, « nous constatons que les femmes qui ne sont pas issues de notre milieu culturel répugnent beaucoup plus à alerter la police. Leur famille ou leur tribu leur reprochent cela comme une trahison ». Souvent, en outre, les hommes leur interdisent de s’intégrer à Bâle, et elles ne savent donc même pas où s’adresser.

Explications : “ce n’est qu’un arrière plan culturel”

Quant aux causes du phénomène, Herr Gill ne se compromet pas. « La raison décisive, selon lui, est que la violence à l’intérieur de la famille a une autre importance dans ces milieux culturels ». Nous voilà bien avancés.

En avril dernier, le canton de Zurich a publié une étude, la plus vaste jamais menée en Suisse, sur le thème de la violence domestique. 2800 cas ont été pris en compte, dont 57% étaient le fait d’étrangers. Les chercheurs dirigés par « l’illustre psychiatre des tribunaux de Zurich, Frank Urbaniok » ont relevé une « forte surreprésentation des musulmans et des personnes sans religion » (ce qui inclut toutes celles dont la religion n’est pas connue).

Interrogé par Die Berner Zeitung, Herr Professor Dr. Urbaniok est tout aussi vague – certains diront vaseux – que M. Gill. La surreprésentation des immigrés, explique-t-il, est due à « l’arrière-plan culturel. Dans certains milieux culturels, il y a une représentation différente des rôles familiaux. Il y est plus souvent considéré comme légitime que l’homme domine la femme ».

Le journaliste en vient alors aux questions délicates : « Pouvez-vous préciser de quels milieux culturels sont issus les hommes auteurs de violences ? »

– Le Professeur Urbaniok : « L’étude montre que, parmi les étrangers auteurs de violences, il ne s’agit pas d’étrangers issus de l’Union européenne. Ceux qui sont le plus nettement surreprésentés sont des hommes issus des Balkans, de Turquie et d’Afrique. »

– Le journaliste : « Toujours des pays où la foi musulmane est représentée, voire pratiquée par la majorité de la population. Est-ce que la religion joue un rôle déterminant dans la violence domestique ? »

– Le Professeur Urbaniok : « Il est vrai que les auteurs de violences de foi musulmane sont surreprésentés, mais ce peut être simplement une conséquence de la surreprésentation de certains pays d’origine ». Sans commentaire.

Crédit photo : Ira Gelb via Flickr (cc)