Faits & Documents n°342 du 15 au 30 septembre 2012. Portrait : Jean-Christophe Cambadélis

Faits & Documents n°342 du 15 au 30 septembre 2012. Portrait : Jean-Christophe Cambadélis

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 15 au 30 septembre 2012 vient de paraître, avec comme portrait Jean-Christophe Cambadélis. Extrait.

Qu’Harlem Désir ou Jean-Christophe Cambadélis soit désigné comme premier secrétaire du Parti socialiste par Martine Aubry, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, le résultat sera identique : un trotskiste reconverti dans le social libéralisme (donc évidemment rabiquement antinational et anti-FN) condamné pour affairisme. Le PS pourrait rapidement s’en mordre les doigts.

« Le PCI ira de crise en crise et, en l’absence de développements significatifs dans la lutte des classes, la voie est bouchée ; il faut avoir le courage de se réorienter sur un nouvel axe. »
Jean-Christophe Cambadélis, Rupture programmatique avec la IVe Internationale, 1986.

« Trotskiste de formation, dur parmi les durs de l’AJS, devenue OCI, puis PCI. »
Le Monde, 26 mars 1998.

« Un boucher. »
Jean-Luc Mélenchon, ancien trotskiste (congrès de Brest).

« Pur produit du trotskisme et du syndicalisme étudiant. »
Le Nouvel observateur, 4 décembre 1997.

« “Anthropologue” de la politique, toujours avide d’élargir son carnet de relations, il apparaît comme fasciné par le pouvoir. »
Le Nouvel observateur, 2 décembre 1999.

Faits & Documents n°342 du 15 au 30 septembre 2012. Portrait : Jean-Christophe CambadélisJean-Christophe Cambadélis (de son patronyme entier Cambadélis dit Giorgiades) est né le 14 avril 1951 à Neuilly (Hauts-de-Seine). D’une extrême discrétion sur ses origines, il est le fils de Grecs de l’île de Mytilène arrivés à Marseille en 1920. Son grand-père, tailleur de diamants, a été naturalisé français en 1927. Son père, diamantaire, marié à Yvette Bleuse, employée à la Banque de France d’origine picarde, s’installera rapidement au Canada avec toute sa famille. Le couple divorcera et il reviendra avec sa mère et sa soeur en région parisienne. Il indique au Who’s Who être père de deux enfants. Aujourd’hui âgé de 61 ans, il s’est très discrètement remarié le 15 octobre 2009 à la mairie du XIXe arrondissement de Paris avec une jeune militante socialiste. Son témoin de mariage était Dominique Strauss-Kahn.

Passé par le lycée de Sarcelles et l’école secondaire laïque active de Pierrefitte, il a d’abord milité dans les rangs anarchistes libertaires au sein du groupe Rouge et Noir. Il assiste à son premier meeting de l’AJS en 1969 au Bourget et y adhère aussitôt. Il devient un militant très actif à partir de son entrée à la faculté de Nanterre (puis, tardivement, à Jussieu), se liant étroitement au futur historien Benjamin Stora et le futur journaliste de Libération Pierre Marcelle, eux aussi membres de l’AJS. Affrontant rapidement le Parti communiste, les trois construisent un cercle AJS et s’emparent de l’Association générale des étudiants de Nanterre, « c’est-à-dire non-communiste (et) portée sur les fonds baptismaux par la CFDT et la FEN, grâce à l’entreprise d’André Bergeron, le leader de la CGT-FO (blog de J.-C. Cambadélis). »

Se dissimulant sous le pseudonyme de « Kostas » (qui serait une référence au philosophe Kostas Axelos selon Wikipedia), il intègre sa branche la plus sectaire, les « lambertistes » de Pierre Boussel, dit Lambert, adhérant à l’Alliance des jeunes pour le socialisme (AJS), la structure jeune de l’Organisation communiste internationaliste (qui deviendra le Parti communiste internationaliste). Il en devient le principal dirigeant, apparaissant très vite comme le dauphin de Pierre Lambert. En 1976, il est l’un des trois porte-parole (avec Charles Najman et Julien Dray) contre la réforme universitaire d’Alice Saunier-Seïté. Il participe activement à la scission de l’Unef, dont il est devenu – via Lambert – président en 1977, et sera le président de l’Unef-ID (qui réunit les étudiants de gauche non communistes, c’est-à-dire trotskistes et socialistes) de 1980 à 1984 tout en étant secrètement membre du bureau politique de l’OCI puis du PCI.

Dans Cet étrange M. Blondel, Bourseiller écrit : « Au sein du bureau politique du PCI, c’est justement le président de l’Unef-ID, Jean-Christophe Cambadélis, qui s’occupe des relations avec Force ouvrière. Il rencontre souvent Irving Brown (NDA : représentant international de l’AFL-CIO, étroitement lié à la CIA, à l’origine de la scission CGT-FO en France durant la guerre froide). Au fil…

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Photo en Une : Crédit Parti Socialiste (cc) via Flickr