Que cache le rapprochement dans l’aéronautique d’EADS et BAE ?

15/09/2012 — 18h30
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) — Les deux plus grands groupes européens de l’aéronautique et de la défense, BAE Systems et EADS, ont annoncé, mercredi 12 septembre, avoir engagé un rapprochement


Il s’agit de créer un nouveau géant mondial. Mais ce rapprochement ne consiste pas seulement à vouloir concurrencer d’autres titans de l’aéronautique comme Boeing ou Lockheed Martin. Derrière ce rapprochement se cachent en effet d’autres intérêts plus prosaïques. Si une «fusion» a lieu, ce sont donc les actionnaires principaux et privés d’EADS, le groupe Allemand Daimler (15% du capital) et Lagardère (7,5%) qui bénéficieront de cette opération. Deux groupes qui souhaitent sortir de l’aéronautique depuis, au minimum, l’année 2005. Ils se considèrent comme «collés» par le pacte d’actionnaires qui préside aux destinées d’EADS. Un rapprochement qui permettrait à Arnaud Lagardère de s’occuper librement de la gestion de ses magazines. De son côté Daimler consacrerait l’argent immobilisé dans EADS à développer son empire automobile. Des activités où les retours sur investissement sont bien plus rapides

La France et l’Allemagne pourraient être les victimes d’une telle opération…

En cause, la réduction de leur part au sein du capital du nouveau géant. Dans la nouvelle structure les deux Etats ne posséderont plus que 30% environ d’une société qui posséderait 60% d’EADS, soit 18%. Avec 40% des parts, les actionnaires britanniques actuels de BAE, seront bien plus forts. Mais surtout, le pacte d’actionnaires qui rend les gouvernements de Berlin et Paris in fine responsable du sort d’EADS et d’Airbus serait supprimé. En lieu et place, l’instauration de goldenshares, sorte de droits d’opposition. Avec pour conséquence la mainmise des actionnaires sur la nomination du président du conseil de surveillance d’EADS (Arnaud Lagardère) et du directeur général (actuellement Tom Enders), prérogatives que le président de la République française et la chancelière allemande se partageaient jusque-là. Autres victimes potentielles, les salariés des deux groupes qui pourraient faire les frais d’une telle association. Pour le moment, le gouvernement français n’a pas jugé utile de s’exprimer sur l’opération.
Photo : Airbus A380 d’EADS et le “Type 45 destroyer” de BAE Systems. Crédit photos respectivement Axwell et Tony Hisgett. Licence CC.