[Tribune libre] Le droit du sang, citadelle de l'identité

[Tribune libre] Le droit du sang, citadelle de l’identité

14/09/2012 — 08h00
PARIS (NOVOpress via Zentropa) —
Pour accomplir son rêve ultime de régner sur une masse globale de « citoyens du monde » (c’est-à-dire d’hommes interchangeables réduits à leurs rôles de production et de consommation), le mondialisme marchand a besoin de faire sauter les derniers verrous identitaires dont le principal est la conception de la nationalité basée sur le « droit du sang » (jus sanguinis), c’est à dire sur le caractère ethnico-culturel hérité de la nationalité. Ce principe, qui a largement prévalu en Occident et en Asie jusqu’à l ’émergence des pays nés de l’immigration (USA, Australie, Canada…), est une règle générale d’obtention de la nationalité par filiation qui ne souffre que des exceptions limitées en nombre et soumises à des procédures d’acquisition basée sur la volonté du mandant et son adhésion à un faisceau de valeurs et de règles ainsi que sur la sélection effectuée par le pays dont il sollicite la nationalité (serment, tests de culture, de langue, connaissances historiques, ordre juridico-social accepté, etc).

Cette conception ancestrale, qui était par exemple celle du droit romain initial, se refuse à réduire la nationalité à une simple démarche administrative ou à un hasard géographique de naissance, mais défend une vision ethnico-historico-culturelle de celle-ci. Elle est donc évidemment inacceptable pour les tenants d’un monde « libéral-libertaire » sans frontières ni racines où la figure centrale et mythifiée est celle du « nomade » vivant où il le souhaite et comme il le veut. C’est pourquoi, partout où elle le peut, c’est à dire dans les derniers pays européens fidèles au « jus sanguinis », l’oligarchie mondialiste cherche à remplacer ce principe de nationalité héréditaire, présenté comme un archaïsme d’ordre quasiment raciste, par le « droit du sol » (jus solis), symbole de « modernité et d’ouverture », qui fait que tout enfant obtient automatiquement et dès le premier jour de sa vie la nationalité du pays où il né, c’est à dire sans qu’il n’y ait aucune démarche volontaire, aucune exigence d’aucune sorte, même pas celle de parler la langue du pays en question ou d’en connaître, d’en respecter et d’en aimer quoi que ce soit… (Moi, Jean Dupont, fils Pierre et Marie-France Dupont, je suis Chinois car né à Pékin, si j’étais né à Dakar je serais Sénégalais et Italien si on m’avait pondu à Rome.) A ce titre, il est particulièrement « signifiant » que ce soit à l’occasion de l’accession au pouvoir de l’homme de mains des banques transnationales Mario Monti que le débat sur la substitution du « droit du sol » au « droit du sang » ait été relancé en Italie.

En effet, si le globalisme mercantilo-financier est si enthousiaste à promouvoir le « droit du sol » c’est qu’il peut ainsi fort bien, sans en être nullement gêné, continuer à tolérer l’existence officielle de « nations », auxquelles les populations restent massivement attachées, du moins symboliquement (football, drapeau, fêtes nationales, gastronomie, folklore…), si celles-ci ne sont plus que des coquilles vides dont a ruiné l’homogénéité ethnico-culturelle, et donc toutes les réelles spécificités et tous les particularismes (ainsi que les capacités de mobilisation et de lutte collective), au profit d’un assemblage hétérogène et anomique d’individus sans passé partagé, sans culture commune ni projets. Car le « droit du sol » n’est rien d’autre que la négation de tout contenu autre que contractuel au concept de nationalité et il induit, à terme, comme on a pu le voir en France, la transformation profonde et irrémédiable de la composition de la population et donc du visage même d’un pays, de sa structure mentale profonde et de son identité.
Si le « droit du sol » a pu se justifier politiquement et philosophiquement par le passé dans des cadres géographico-historiques particuliers, il n’est plus défendable ni légitimable, pour toute personne attachée à l’enracinement et à la diversité du monde, à l’heure des flux migratoires gigantesques, des déséquilibres économiques Nord/Sud exponentiels et des identités des pays européens déjà grandement fragilisées (acculturation, américanisation, nihilisme…) et ne disposant donc plus que d’une très faible et très limitée capacité d’intégration.

Ainsi, combien de temps l’Italie de Dante, Garibaldi, Verdi, Visconti et Marinetti, qui a le plus faible taux de natalité au monde, survivrait-elle à la pression d’une immigration à la démographie galopante et dont, par la magie du « droit du sol », tous les enfants seraient « italiens »? Combien de temps avant que cette Italie ne se transforme en une société éclatée, un patchwork de communautés sans unité ni cohérence propice au chaos social, à la violence et à l’individualisme forcené?

Face à cette perspective, défendre le droit du sang, ce n’est bien évidemment pas refuser aux populations d’origines étrangères de bénéficier de droits sociaux et politiques leur permettant de vivre dans de bonnes conditions sur le sol de leur pays d’accueil et de participer à la vie collective de celui-ci. C’est par contre refuser catégoriquement l’automaticité de l’obtention de ses droits, par simple fait de naissance, l’illimitation et l’absence de contrôle de ceux-ci ainsi que l’indifférenciation absolue entre populations autochtones et primo-arrivantes.

Défendre le droit du sang c’est refuser la banalisation et la réduction purement utilitariste de la nationalité, c’est défendre l’âme spécifique des peuples qui fonde la diversité et donc la richesse du monde. C’est un combat de survie identitaire.

Crédit photo Jean-Lousi Zommermann via Flickr (cc)