Jean-Marc Ayrault s’en prend à son tour à l’écrivain Richard Millet

Jean-Marc Ayrault s’en prend à son tour à l’écrivain Richard Millet

12/09/2012 – 16h00
MARSEILLE (NOVOpress Breizh) – En déplacement à Marseille, Jean- Marc Ayrault s’en est pris à son tour à l’écrivain Richard Millet (photo), l’auteur de Langue fantôme, suivi d’un Eloge littéraire d’Anders Breivik (éd. P.-G. de Roux), dont la publication a déclenché la fureur des milieux bien-pensants qui n’ont pas hésité à demander – pour l’instant sans succès – qu’il soit licencié de son poste d’éditeur chez Gallimard. Une intervention qui soulève la question de l’état de la liberté de pensée en France en 2012
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Jean-Marc Ayrault s’en prend à son tour à l’écrivain Richard Millet« Je suis stupéfait. » Interrogé lundi dernier par Le Monde sur la parution du dernier livre de l’écrivain et éditeur Richard Millet consacré à l’auteur des tueries qui ont causé la mort de 77 personnes à Oslo et sur l’île d’Utoya en Norvège en juillet 2011, le Premier ministre s’est déclaré « très choqué par cela ».

« Vous allez me dire qu’on est dans une démocratie, qu’il y a la liberté de la presse, la liberté d’écriture, la liberté de création, mais je renvoie l’auteur et ceux qui ont fait sa publicité à leur responsabilité », a précisé J.M. Ayrault, avant de poursuivre : « Bien sûr que c’est peut-être pour provoquer un débat. Mais tout pays peut être touché par la folie meurtrière. (…) Moi je suis très choqué par cela, car le risque c’est de tout mettre sur le même plan. J’ai toujours peur de la banalisation, j’ai toujours peur d’une espèce d’esthétisme facile ».

Manifestement le Premier ministre – emploi du temps oblige – n’a pas pris la peine de lire l’ouvrage en question. Millet condamne en effet catégoriquement le geste de Breivik. Il voit en lui « le symptôme monstrueux de la décadence et de la perte de sens de l’Europe ». En réalité les professionnels de l’indignation ne pardonnent pas à l’écrivain de s’être attaqué – sans détour ni artifice – aux méfaits du multiculturalisme. Un crime à leurs yeux impardonnable.

« Vingt ans après la chute de l’Union soviétique, des dissidents réapparaissent… Mais cette fois à l’Ouest, où de nouveaux censeurs prétendent leur interdire de s’exprimer » écrit très justement François Bousquet dans Valeurs Actuelles. Qu’un Premier ministre de la République joigne sa voix à ce concert en dit long sur l’état de la liberté en France. Il est vrai que participer – en compagnie de Laure Adler, Tahar Ben Jelloun, Annie Ernaux et autres membres éminents de la police de la pensée – au lynchage de Millet, c’est facile. Plus facile sans doute que de résoudre – par exemple – le problème du chômage.
Crédit photo : DLSDPM/Wikimedia (cc)