République islamique de Mauritanie : combattre l’esclavage mène en prison

République islamique de Mauritanie : combattre l’esclavage mène en prison

12/09/2012 –  12h00
NOUAKCHOTT (NOVOpress) – 
Après quatre mois de mise en détention préventive, Biram Ould Abeid, militant contre l’esclavage en Mauritanie, vient de sortir de prison. Lors d’une mobilisation contre l’esclavage, Biram Ould Abeid avait incinéré des ouvrages fondateurs du rite malékite, accusés de soutenir l’esclavage. Un délit passible de trente ans de prison en république islamique de Mauritanie.

République islamique de Mauritanie : combattre l’esclavage mène en prison L’historien Dimitri Casali, dans son nouvel ouvrage, L’histoire de France interdite, aux éditions JC Lattès, consacre plusieurs pages à la question de l’esclavage d’hier et d’aujourd’hui. L’auteur rappelle que la Mauritanie n’a adopté une loi qui réprime la détention d’esclave qu’en 2007. Tandis que le Mali et le Niger pratiquaient l’esclavage jusque dans les années 1980. « En ce moment même, le combat contre l’esclavage perd du terrain au Soudan, au Congo, mais aussi au Yémen ou à Oman », souligne l’ancien professeur en ZEP.

Dimitri Casali met en perspective également des chiffres qui dérangent le politiquement correct. La traite musulmane a déporté plus de 17 millions de personnes entre le milieu du VIIème siècle et 1920. Les traites infra-africaines, elles, réduisirent 14 millions d’individus en esclavage. Certains intellectuels préfèrent occulter ces réalités et mettent en avant uniquement la traite européenne (10 550 000 personnes déplacées en Amérique).

Dimitri Casali rappelle ainsi que les premières nations au monde à avoir aboli et interdit l’esclavage sont l’Angleterre (1833), le Danemark (1847) puis la France (1848). « Donc au lieu de distiller ces idées de haine, il faudrait plutôt célébrer le fait positif que les nations européennes ont été les premières au monde à mettre fin à cet ignoble commerce ». Une mise au point nécessaire face aux groupes communautaires qui veulent instrumentaliser l’Histoire.