Syrie : Bernard-Henri Levy devrait lancer une souscription

Syrie : Bernard-Henri Levy devrait lancer une souscription

09/09/2012 – 11h00
PARIS (NOVOpress Breizh) –
Les va-t-en guerre réclament une intervention militaire en Syrie. A l’instar de ce qui s’était fait en Lybie. Malheureusement pour eux, ces petits marquis de Saint-Germain-des-Prés méconnaissent la réalité militaire… et financière.

Un spécialiste de la question, le général Jean Fleury, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air, met les points sur les i. « Pour que l’aviation puisse détruire des chars ou les pièces d’artillerie menaçant les civils, il faut qu’elle ait au préalable la maîtrise du ciel, c’est-à-dire mis hors de combat batteries sol-air et chasseurs ennemis. Dans le cas libyen ce n’était pas trop difficile car la force aérienne du dictateur était peu opérationnelle et ses moyens terrestres de défense contre les avions ont été rapidement détruits ».

Le général poursuit : « Pour la Syrie, la chanson n’est pas la même. Son armée de l’air totalise environ cinq cents avions de combats, soit deux fois plus que la nôtre ; bien qu’une partie d’entre eux seulement soit moderne, leur nombre et la qualité d’un entraînement conduit en vue d’une guerre éventuelle contre Israël en font un adversaire sérieux. » La conclusion de ce spécialiste est sans appel : « Nous ne sommes pas de taille à l’affronter ».

Un rappel historique effectué par le général Fleury ne semble pas inutile. « Lors de la première guerre du Golfe en 1991, l’armée de l’air française disposait de 450 avions de combat auxquels s’ajoutaient 32 Mirage IV de la force aérienne stratégique. Le Livre blanc en vigueur ramène ces moyens à 230 Mirage 2000 ou Rafale dont les vecteurs nucléaires. La déflation de l’aéronautique navale a été similaire. » (Le Monde, 24/08/12)

En 2011, les crédits dépensés par la « mission défense » (préparation et emploi des forces, équipement des forces…) – distincte de celle intitulée « anciens combattants, mémoire et liens avec la Nation » – ont atteint 38,750 milliards d’euros. Dans la loi de finance 2012, la même « mission » bénéficie de 38 milliards de crédits de paiement. On annonce une baisse de deux milliards pour le budget 2013. Des coupes sévères sont à attendre pour la période 2013 à 2015 : plusieurs milliards d’économies seront à trouver.

Le ministre de la Défense nationale, Jean-Yves Le Drian, fait valoir que son ministère a consenti un effort exceptionnel en supprimant 54.000 postes entre 2008 et 2015, ce qui l’incite à adopter une position très ferme vis-à-vis de Matignon et de Bercy. (Le Figaro, 23/07/12). S’il défend becs et ongles son budget, pour autant les temps lui sont défavorables. Les priorités financières sont ailleurs. Ce qui nous évitera peut-être une guerre avec la Syrie.

Paul Le Guern

Crédit photo : Hemantphoto79/Wikimedia (cc)