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Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Le samedi, une revue de la semaine des “Bulletins de Réinformation” de Radio Courtoisie. Ce Kiosque est présenté par Henri Dubost et Catherine Noailles. Novopress a publié dès samedi matin, en différé, l’audio du Kiosque Courtois dans la fenêtre “Radio Courtoisie : le bulletin de réinfo” de sa colonne de droite. Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme de texte.

FRANCE
« Emplois d’avenir » : la gauche ressort ses vieilles lunes
Devant la commission des affaires sociales de l’assemblée nationale Michel Sapin, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, a présenté cette semaine le projet de loi portant création desdits « emplois d’avenir ».

De quoi s’agit-il ? Le gouvernement prévoit de créer 150.000 emplois aidés d’ici 2013, dont au moins 100.000 en 2012. Ces emplois seront destinés aux jeunes gens de moins de 25 ans, peu ou pas diplômés et auront une durée de trois ans. Les emplois d’avenir s’adressent, je cite : « en priorité aux jeunes qui résident dans des zones urbaines sensibles soit dans des zones d’emplois dans lesquelles le taux de chômage des jeunes de seize à vingt-cinq ans est supérieur à la moyenne nationale. »

Cela ressemble fort aux fameux emplois jeunes de Jospin… Eh oui, quinze ans après, la gauche française n’a rien appris, rien oublié, et manifestement rien compris… Selon le gouvernement, ces emplois d’avenir coûteront au minimum la bagatelle de 2,3 milliards d’euros, naturellement payées par la dette de l’Etat. Par ailleurs, et comme pour les emplois jeunes, la pérennité des emplois créés n’est pas du tout assurée au-delà des trois années d’aide. Enfin, le gouvernement introduit une discrimination géographique qu’il ne justifie en rien, et qui pourrait bien cacher une autre forme de discrimination positive !

Richard Millet : l’homme par qui le scandale arrive…

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Anders Breivik dans son costume de franc-maçon. Il a appartenu à l’Ordre norvégien des francs-maçons les 4 ans et demi avant ses attentats, et en a été radié immédiatement après.

Figure incontournable du monde de l’édition, membre du comité de lecture de Gallimard, Millet a déclenché l’ire des professionnels de l’indignation. 18 pages sont en cause, qui ont pour titre Eloge littéraire d’Anders Breivik. Il s’y intéresse au massacre commis en Norvège l’an dernier par le jeune franc-maçon néo-conservateur et philosémite. Millet déplore le déclin de l’Europe sous le poids conjugué de l’immigration islamique et du nihilisme culturel anglo-saxon. Ce constat le pousse à écrire – je cite : « Breivik est sans doute ce que méritait la Norvège ».

Quelles ont été les réactions ? Virulentes. Le Monde, le Nouvel Obs, les Inrockuptibles, chacun y va de sa diatribe de vierge effarouchée. Une vieille féministe sur le retour, Annie Erneaux, et le franco-marocain, Tahar Ben Jelloun, tous deux publiés par Gallimard, ont demandé que la maison d’édition se sépare de Millet. Un Tahar Ben Jelloun qui a manifestement « oublié » l’affaire Fatna S., cette jeune Marocaine qu’il a exploitée honteusement pendant près d’un an, et dont le Comité contre l’esclavage moderne a reconnu qu’elle avait été spoliée de ses droits en tant qu’employée de maison.

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écritComment Millet (photo) se défend-il ? Concernant le titre, il affirme « c’est une provocation à réfléchir et à penser ; quand je parle de façon diplomatique personne ne m’écoute. ». La vérité est qu’il ne défend à aucun moment Breivik mais s’intéresse simplement aux causes et à la symbolique de son geste. Le journaliste Robert Ménard est l’un des rares à lui apporter son soutien. Quant à Antoine Gallimard, il n’a pas encore fait part de sa décision.

Bernard-Henri Lévy-Botul a été accueilli en vedette par le Medef

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écritL’organisation patronale tenait la semaine dernière ses universités d’été.
Pour parler de géopolitique et d’Europe, le Medef avait convié BHL (photo), promoteur germanopratin de l’intervention militaire en Libye et fort désireux de renouveler l’exploit en Syrie. Un invité que Laurence Parisot a présenté comme « l’incarnation de l’intelligentsia française telle que nous l’aimons ».

Les conflits d’intérêt sont-ils compatibles avec la Présidence Normale ?

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit Il faut croire que oui. Mathieu Pigasse (photo), numéro 2 de la banque Lazare, a soutenu François Hollande pendant les élections présidentielles. Concours de circonstance, cette même banque Lazare vient d’être sélectionnée par le gouvernement pour la mise en place de la Banque Publique d’Investissement voulue par le Président. Hasard. Seulement, Mathieu Pigasse est aussi le patron du magazine de gauche bobo « les Inrockuptibles », et donc l’employeur d’Audrey Pulvar qui, rappelons-le, est la compagne d’Arnaud Montebourg, le Ministre socialiste du Redressement Productif, travaillant sur le projet de la Banque d’investissement. Coïncidence, on vous dit…

Déchaînement de violences à Marseille

Dix-huit morts tués par armes de guerre. Cela serait logique en Afghanistan, mais c’est en France, à Marseille que cela s’est vu ces derniers mois. Samia Ghali, une sénatrice socialiste, appelle de ses vœux une intervention de l’armée française dans les quartiers ethniques de Marseille afin de tenter de rétablir l’état de droit. Réactions unanimes de l’UMPS : cette décision serait inapplicable car « l’armée n’a pas sa place dans les quartiers de notre République » selon Messieurs Hollande et Valls. Quant à Gaudin, l’actuel maire de Marseille, il agite le spectre d’une guerre civile en cas d’intervention de la troupe.

Copé fait mine de vouloir supprimer l’AME

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit L’aide médicale d’État (AME), fait encore parler d’elle. Jean-François Copé (photo), candidat à la présidence de l’UMP, a annoncé en effet sa volonté de la supprimer. Une intention bien tardive, comme le souligne un communiqué du Front national qui accuse M. Copé de « se moquer des Français ». Pour preuve, le groupe UMP a récemment refusé de voter l’amendement de Gilbert Collard qui prévoyait la suppression pure et simple de l’AME. Cette aide médicale pour les étrangers clandestins, a coûté aux Français près de 600 millions d’euros l’an dernier. Rappelons qu’en 2011, l’Assemblée nationale à majorité de droite avait voté une franchise médicale de 30 euros pour pouvoir bénéficier de cette aide. Une franchise que la majorité de gauche a supprimée fin juillet

Primaire à l’UMP : nouvelle extension du domaine de la lutte…

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit Henri Guaino (photo) vient en effet de se déclarer candidat à la présidence de l’UMP. « J’ai fini par être candidat devant le spectacle que nous offrions », se désole-t-il. « L’entre soi des notables de la politique qui ne veulent pas être dérangés, moi ça me dérange personnellement. Si on fait des élections, on les fait de façon honnête et équitable » a-t-il ajouté, laissant entendre que, comme au PS d’ailleurs, elles ne le seraient pas forcément.

Hollande déçoit tout le monde, y compris les pro-palestiniens

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit

Photo de la colonne au centre de la Place de la Bastille à Paris, après l’annonce de l’élection de François Hollande. Les légendes ont été ajoutées à la photo. Cliquer sur la photo pour l’agrandir.

On se souvient de la marée de drapeaux algériens, marocains, tunisiens, palestiniens, turcs, etc. qui a submergé la place de la Bastille le soir de l’élection de François Hollande. Les mouvements de solidarité avec les Palestiniens avaient bien noté que parmi les 60 promesses du candidat socialiste, il y avait le soutien à la reconnaissance internationale de l’Etat palestinien.

Une promesse qui, entre autre, a pu fédérer le vote musulman en faveur de l’actuel président. Selon un sondage Opinion Way, 93% des Français musulmans ont voté pour François Hollande, soit précisément le nombre de voix qui lui a permis de l’emporter sur son rival. Mais le premier grand discours sur la politique étrangère prononcée par le président de la République devant la Conférence des ambassadeurs le 27 août dernier, n’a pas été du goût des organisations pro-palestiniennes. François Hollande s’est contenté de reconnaître “le droit à l’autodétermination des Palestiniens”, mais s’est bien gardé de parler d’un État palestinien.

Ainsi, paradoxalement, François Hollande est largement en retrait sur le dossier palestinien par rapport à Nicolas Sarkozy, pourtant grand ami d’Israël… Dans un récent courrier Jean-Claude Lefort, président de l’Association France Palestine Solidarité demande au président socialiste de reconnaître de manière solennelle l’État de Palestine et d’annoncer sa claire intention de voter à l’ONU pour l’admission pleine et entière de la Palestine comme 194e état membre de l’organisation. Aucune réaction de l’Élysée pour l’instant.

MONDE

La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi la mise en place d’un programme illimité de rachat de la dette des pays les plus fragiles de la zone euro

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit Le programme dévoilé sous le nom de OMT consiste à intervenir de façon illimitée sur le marché obligataire. Il n’y aurait plus de montant maximal d’intervention de la BCE dans le rachat des dettes souveraines. Le patron de la BCE, Mario Draghi (photo), un ancien et sans doute toujours actuel de Goldman-Sachs, espère encore de cette façon sauver la zone euro d’une mort annoncée.

Une position purement idéologique et dogmatique qui fait fi des réalités économiques… Lors de cette même conférence, Draghi a dû admettre que la situation économique des pays de la zone euro est alarmante et que les prévisions de croissance ne permettent pas d’entrevoir une sortie de crise. Bien entendu, le patron de la BCE n’a pas fait le lien entre l’euro et la stagnation, voire la récession des économies de l’euroland : ce lien est tabou. « L’euro est irréversible » a-t-il d’ailleurs de nouveau martelé jeudi pendant sa conférence de presse. On est revenu aux temps héroïques de l’effondrement de l’URSS, lorsque les idéologues du parti continuaient à appliquer les mêmes recettes calamiteuses emballées de la même rhétorique creuse, alors que le navire faisait eau de toutes parts…

Il faudra évidemment qu’un pays montre patte blanche pour pouvoir bénéficier de l’OMT… Ce soutien ne lui sera en effet apporté que s’il respecte à la lettre les plans de rigueur de la sinistre « Troïka », (Commission européenne, BCE et Fonds monétaire international). Les peuples devront donc se soumettre aux décisions d’instances non élues s’ils veulent échapper à la voracité des marchés. D’un côté comme de l’autre, ils s’engagent dans un processus de paupérisation hautement planifiée. On admirera l’équilibre « démocratique » de l’édifice…

Mais il n’est finalement pas sûr que ce fameux OMT voit le jour. Le nouveau programme a en effet été voté à l’unanimité des gouverneurs de la BCE, moins une voix, celle de Jens Weidmann. Lequel n’est autre que le président de la toute puissante Bundesbank, qui estime, pour sa part qu’il faut aller toujours plus loin dans la rigueur budgétaire. Je cite : “Si ce programme conduit les Etats à repousser les réformes nécessaires, cela va de nouveau saper la confiance [des marchés] dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise“. Bref, les Allemands pourraient faire capoter l’OMT parce qu’ils le jugent… encore trop laxiste.

Dans une tribune publiée dans Le Monde en début de semaine, Jacques Sapir affirme qu’« il est urgent de dissoudre la zone euro ».

Kiosque Courtois du samedi 8/9/2012 – L’actualité de la semaine en écrit L’économiste ne croit pas à la capacité de Mario Draghi de redresser la situation dans la zone euro. Jacques Sapir (photo) considère que les responsables politiques européens ont mal jugé les raisons de la crise. Ceux-ci pensent que la crise est liée à l’endettement causant des problèmes de liquidités. Par conséquent, les solutions proposées sont des politiques d’austérité qui entraînent inévitablement des baisses des recettes fiscales et du produit intérieur brut. Les Etats ont donc plus de mal à rembourser leur dette et à emprunter, notamment dans le cas de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie.

Que propose Jacques Sapir pour résoudre cette crise ? La crise de la zone euro serait selon lui une crise de compétitivité. Les écarts de compétitivité se sont accrus ces dernières années, notamment au sein même de la zone euro. Idéalement, il faudrait diminuer les coûts salariaux dans les pays touchés, par exemple de 20% en France, sans recourir à la déflation salariale nominale proposée par l’UMPS.

Toutefois, avec la monnaie unique, les pays ne peuvent pas faire varier les paramètres monétaires comme ils le désirent. L’économiste assure que seule une dévaluation pourrait fonctionner. Celle-ci aurait lieu lors d’une dissolution concertée de la zone euro. Ce serait la situation la plus simple et la moins douloureuse pour faire baisser le coût du travail en France et n’augmenterait pas notre dette, qui serait désormais libellée en francs.

La Bulgarie se passera de l’euro…

Alors même que la dette publique bulgare est l’une des plus faibles de l’Union, Sofia vient de rejeter l’adhésion de la Bulgarie à la zone euro, arguant entre autre de la confusion qui règne au sein des institutions européennes qui soutiennent la monnaie unique.  Un bel exemple de pragmatisme politique et économique…