“Orange ou un exemple politique réussi de base autonome durable” par Georges Feltin-Tracol

“Orange ou un exemple politique réussi de base autonome durable” par Georges Feltin-Tracol

02/09/2012 — 14h30
ORANGE (via Europe Maxima) — On doit à Michel Drac l’excellente notion de BAD ou « base autonome durable ». S’inspirant de la célèbre TAZ – « zone autonome temporaire » (en anglais) – de l’anarchiste étatsunien Hakim Bey(1), Michel Drac va néanmoins à l’encontre du dessein initial de l’auteur. Ce dernier place son concept, repris par les altermondialistes les plus violents, dans l’ontologie liquide de la mondialisation marchande. Afin de l’étayer, Hakim Bey se réfère à la fois à la flibuste du XVIIème siècle et aux républiques nomades cosaques d’Ukraine. Ainsi estime-t-il que « la T.A.Z. est un campement d’ontologistes de la guérilla : frappez et fuyez(2) ». Cette occupation se veut donc éphémère, instantanée, brève et fluide : « la T.A.Z. occupe un lieu temporaire, mais actuel dans le temps et dans l’espace(3) ». Hakim Bey qui vante par ailleurs l’expérience de Fiume(4) s’inscrit au final dans une démarche hypermoderne de renforcement de la domination globalitaire.

Michel Drac a parfaitement deviné les aboutissements « modernistes » de la TAZ. Il relève que « par définition, une autonomie temporaire est toujours une autonomie trompeuse. Pour dépasser la T.A.Z., on inventa donc la B.A.D. : la même chose, mais sous la forme de base, “en dur”, “durable”(5) ». Il s’agit de constituer des espaces solidifiés, des archipels (pour reprendre la métaphore du monde liquide), des territoires propices afin de fixer ce qui peut encore l’être(6). Plutôt favorable à des actions non politiques, métapolitiques donc ?, Michel Drac a raison de penser que « la B.A.D. apparaît aujourd’hui comme un concept polyvalent, adapté à un contexte instable(7) ». Il croit même nécessaire de préciser que « la B.A.D. doit d’abord être pensée comme le lieu d’incubation des structures de base d’une nouvelle société, ou plutôt d’une contre-société (8) ». Différents projets de BAD, certains plus avancés que d’autres, sont en cours de réalisation tant en France qu’en Europe. C’est en tout cas un travail de longue haleine qui mérite la plus grande discrétion possible.

La notion de BAD présente néanmoins une certaine plasticité sémantique qu’on peut employer dans le champ politique, voire politicien et électoral. Certes, ce domaine est régi par la pesanteur du Système. Or celui-ci présente, ici ou là, quelques interstices propices pour une action assidue de changement des esprits. C’est le cas avec la ville d’Orange (photo de son théâtre antique ci-dessus).

Ville de 30.000 habitants située dans le nord du département du Vaucluse en Provence- Alpes-Côte d’Azur, Orange est surtout renommée pour ses chorégies, son grand festival annuel estival d’opéra et de musique classique. Jusqu’en 1713 et l’ignominieux traité d’Utrecht, la ville et ses alentours formaient un fief princier du Saint-Empire romain germanique. L’une de ses dynasties donna l’actuelle famille royale des Pays-Bas, la Maison d’Orange-Nassau(9). Voilà pourquoi les unionistes irlandais du Nord se disent « orangistes » : ils se réclament de Guillaume III d’Angleterre, victorieux à la Boyne en 1690, qui était à l’époque le prince d’Orange.

La principauté d’Orange était presque une enclave à l’intérieur de cette autre enclave dans le royaume de France que représentait le Comtat Venaissin, l’autre État pontifical. Le Vaucluse actuel correspond à peu près à ces deux territoires originaux avec un Comtat devenu français qu’en 1790.

Serait-ce cette histoire particulière qui fait qu’il existe dans ce département un climat politique différent ? Les élections législatives de juin 2012 y ont vu l’élection au Palais-Bourbon de la frontiste Marion Maréchal–Le Pen, une étudiante de 22 ans, nièce de l’actuelle présidente du FN et petite-fille du « diable de la République », Jean-Marie Le Pen, et, pour la Ligue du Sud, de Jacques Bompard. Si le succès de la benjamine de l’Assemblée nationale s’apparente à un parachutage réussi, celui de Jacques Bompard résulte d’un travail de fond minutieux. En effet, le nouveau député est maire d’Orange.

En 1995, grâce à une triangulaire, « la Cité des Princes » fut l’une des trois villes françaises avec Marignane et Toulon à élire des maires FN. Aux municipales de 2001, les opposants de Jacques Bompard misaient sur sa défaite. Or il l’emporta dès le 1er tour, puis fut reconduit dans ses fonctions d’édile en 2008, fait sans précédent pour cette commune depuis 1945. Pour Clément Chassot, « le maire d’Orange a réussi là où tous les autres maires frontistes élus en 1995 ont échoué grâce à sa gestion de “bon père de famille” : réfection constante du centre-ville, pas d’augmentation des impôts, une police municipale omniprésente, un troisième âge dorloté…(10) ». Notons au passage que Chassot désinforme ou, en bon journaleux du Système, ignore crassement que, contrairement à ce qu’assènent les médias, les municipalités frontistes ont été bien gérées comme le démontre Jean-Yves Le Gallou sur le site Polémia(11). Les victoires municipales successives du premier magistrat d’Orange, puis son élection au scrutin majoritaire uninominal à deux tours au conseil général du département, et – enfin – son succès à la députation, s’expliquent par un remarquable bilan municipal. « Prenons la ville d’Orange, toujours dirigée par Jacques Bompard, souligne Jean-Yves Le Gallou. Quand ce militant national a pris la ville en 1995, la dette par habitant s’élevait à 1.462 € par habitant; elle n’est plus que de 79 € par habitant en 2010 : 20 fois plus faible qu’à Carpentras ou Cavaillon; 40 fois plus faible qu’à Avignon. Et les taux des quatre taxes locales ont baissé. Et pourtant, en 2010, les investissements à Orange restent élevés : 571 € par habitant, plus que dans les autres grandes communes du Vaucluse. Quant au taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, c’est le plus bas du Vaucluse(12). » Assez dépité, Chassot écrit que « l’implantation de Jacques Bompard est telle que sa femme, Marie-Claude, a remporté les municipales d’une ville voisine, Bollène, avant d’être élue, comme son mari trois ans plus tôt, conseillère générale aux cantonales de 2011. À elles deux, Orange et Bollène représentent près d’un tiers des inscrits sur la circonscription. Pas étonnant donc de voir Jacques Bompard un pied déjà au Palais-Bourbon après le premier tour(13) ». En effet, depuis 2008, Bollène a adopté la méthode orangeoise. Pour Jean-Yves Le Gallou, « à Bollène aussi le redressement financier est en cours : ainsi la dette par habitant est passée de 1646 € au 1er janvier 2008 à 1.143 € au 1er janvier 2012. Ces résultats financiers sont d’autant plus remarquables que, durant les mêmes périodes, l’endettement de l’État et des collectivités territoriales a explosé. A contrario on peut dire qu’avec une gestion comparable à celle des villes FN, la France aurait gardé le triple A et surtout ne serait pas plombée par l’endettement excessif qui est le sien. Cette affirmation est, bien sûr, politiquement incorrecte. Mais elle repose sur des faits et des chiffres, ce qui la rend peu susceptible d’intéresser les médias de l’oligarchie. Car dans le monde médiatique les faits comptent peu, les préjugés comptent davantage(14) ».

Les nervis de la désinformation ordinaire en sont désorientés. Outre la distorsion idéologique de la réalité et après avoir sorti en 1998 un médiocre ouvrage écrit par Roger Martin(15), ils en viennent à recourir au film « citoyen ». Sorti le 21 mars dernier dans un silence médiatique éloquent, Mains brunes sur la ville (on voit la brillante créativité des anti-Bompard) réalisé par Jean-Baptiste Malet et Bernard Richard est un documentaire soutenu par la Ligue des droits de l’homme (bel exemple de discrimination sexiste ! Et le respect du « genre », que  diable !) qui s’indigne de la gestion municipale de Marie-Claude et Jacques Bompard. Ceux-ci refusent en effet le racket des banlieues de l’immigration et n’attribuent plus de subventions aux associations cultureuses ineptes, d’où leur frustration et leur colère(16). Nos belles âmes s’inquiètent maintenant que le Vaucluse devienne le laboratoire d’union des droites patriotes et populistes. En étant élu député, « Jacques Bompard, en fin stratège politique qu’il est, a donc réussi son pari : dynamiter la droite républicaine locale avec son micro-parti régionaliste, la Ligue du Sud (calqué sur la Ligue du Nord italienne), dans un territoire néanmoins très conservateur, pour s’ouvrir un boulevard électoral(17) ».

On objectera qu’à l’occasion du second tour de la présidentielle, Jacques Bompard a appelé à voter Sarközy et que son suppléant est un maire UMP. Et alors ? Quand on fait de la politique politicienne, concrète, il est indispensable de conclure des compromis. « On confond souvent de façon regrettable compromis et compromission, c’est-à-dire le fait de transiger avec la rigueur des principes et les devoirs que nous impose notre conscience, écrit Julien Freund. Le compromis n’est pas cela : il consiste dans un arrangement sur la base de concessions réciproques pour mettre fin à un conflit ou pour le prévenir. Loin de manifester une faiblesse de la volonté le compromis exige au contraire une forte volonté, et même du courage pour dominer les passions, l’âpreté de l’intérêt, les rancunes et les amertumes et trouver la sérénité nécessaire à la discussion positive du litige qui oppose les acteurs. Il faut de la force d’âme pour reconnaître que, en dépit des apparences, le point de vue de l’autre peut être juste à ses yeux. Le compromis reconnaît une certaine validité à la position de l’autre, sans désavouer la sienne. Il n’y a de compromis possible qu’entre deux attitudes qui restent fermes l’une et l’autre, sans aucune confusion, car dans ce dernier cas il n’y aurait plus qu’une seule attitude. Or, par définition, on ne fait pas de compromis avec soi, avec le même, mais avec l’autre(18). » En outre, la quatrième circonscription du Vaucluse qui englobe tout le Nord du département, y compris l’enclave de Valréas, a accordé le 6 mai dernier 60,02 % des suffrages à l’ancien président contre 39,98 % à François Hollande. Sachant que le député sortant UMP et ancien ministre des Transports, Thierry Mariani, l’un des fondateurs de la Droite populaire, faisait campagne dans une circonscription des Français de l’étranger, il aurait été impolitique au maire d’Orange d’agir autrement; ç’eût été un suicide électoral ! Il faut au contraire saluer cette tactique victorieuse (une élection avec 58,77 % des voix) alors que le candidat UMP n’a pas cessé de lui exprimer une constante hostilité.

Le nouveau député confirme dans l’hebdomadaire Minute sa stratégie politique locale à répercussion nationale. S’il a conclu une entente avec Marion Maréchal–Le Pen dont le suppléant est vice-président de la Ligue du Sud, « en revanche, comme il n’y avait pas eu d’accord départemental avec le FN nous avons présenté, sur les autres circonscriptions du Vaucluse, des candidats “Union de la droite et du centre”. Nous avions un candidat venu du Nouveau Centre, un RPF et deux candidats issus des Jeunes Gaullistes(19) ». Certains commentateurs inquiets craignent que cet exemple vauclusien se répande dans tout le pays par capillarité, à la base et de façon virale. Il ne faut dès lors pas s’étonner de l’article vipérin d’Abel Mestre, expert auto-proclamé de l’« extrême droite », qui accuse perfidement le maire d’Orange d’afficher « volontiers un profil d’élu de proximité un peu bonhomme(20) » qui cacherait bien sûr sa haute radicalité intellectuelle. Mestre n’a pas compris que « la Ligue du Sud ne fonctionne pas du tout selon les schémas verticaux des grands partis nationaux, FN compris. Nous marchons en réseaux plus “horizontaux”, plus souples et pour tout dire, plus amicaux. Nous acceptons le multipartisme, le fait d’avoir des attaches avec des structures extérieures… Là où les autres mettent de l’autoritarisme, nous tentons de mettre le plus d’intelligence possible. La rigidité des appareils mène à l’échec. C’est d’ailleurs ce qui explique – en partie – que l’UMP et le Front national n’aient pas encore réussi à mettre en place des partenariats solides, alors même que le front républicain a sérieusement craqué durant ces élections. Un peu plus de souplesse de part et d’autre aurait pu le faire définitivement voler en éclats(21) ». Un processus de recomposition populiste à l’échelle du Vaucluse a peut-être commencé sans que Jacques Bompard renie ses idées. Dans Les chemins de la victoire, il affirmait déjà que « notre combat est universel car le nuage gris de l’uniformisation, de la pollution mentale est partout. Un patriote français a de la sympathie pour le Touareg et son mode de vie nomade menacé par ce qu’ils appellent le Progrès. Il a de l’amitié pour les Mexicains obligés d’accueillir les usines américaines pour ne pas mourir de faim alors même que ces entreprises les exploitent et polluent leur ciel, leur terre et leur eau. Notre combat est celui de la vie, de toutes les vies, contre la robotisation voulue par Big Brother(22) ». Après avoir rappelé l’importance de définir l’ennemi principal, il juge que « l’avenir est à l’union dans l’effort de ces forces identitaires, à leur travail en liaison. Elles ont toutes le même ennemi(23) ».

Militant non-conformiste, identitaire et populiste depuis les années 1960, Jacques Bompard applique l’axiome de l’écologiste Bernard Charbonneau – « Penser global, agir local » – et démontre qu’une autre politique est possible et viable à la condition de savoir s’entourer de personnes compétentes prêtes à former une équipe soudée. C’est en effet à la base qu’« il faut retrouver le chemin de la force et de la grandeur. Il faut libérer l’homme européen des chaînes mentales fabriquées par un demi-siècle de marxisme et de droit-de-l’hommisme(24) ». Les gras médias du Système n’aiment pas entendre de tels discours, d’où la mise en exergue de récentes controverses stériles.

Le lendemain de l’élection législative a éclaté une vaine polémique à Bollène orchestrée par les derniers communistes extraits pour l’occasion du « Sovietic Park » et reprise par des médias régionaux d’une rare partialité. Les « coco » accusent le maire de Bollène, Marie-Claude Bompard, absente au moment des faits, d’avoir interdit Le chant des partisans. Ces quelques énergumènes n’ont fait que perturber le protocole de la cérémonie d’hommage au 18 juin 1940. La mauvaise foi du Front de Gauche, alimentée par un seul antifascisme abscons et obsessionnel, est flagrante. Ces butors veulent bannir par un mur de haine toute référence positive à l’exemple d’Orange qui constitue, avec Bollène, les premières BAD politiques ou, si l’on préfère, autochtonotopies françaises de racines albo-européennes.

Crédit photo : Jeanlouiszimmermann/Wikipédia sous licence CC

Notes

1 : Hakim Bey, T.A.Z. Zone autonome temporaire, Éditions de L’Éclat, 2007.

2 : Idem, p. 15.

3 : Id., p. 28.

4 : Lire sur ce sujet le très remarquable ouvrage de Claudia Salaris, À la fête de la révolution. Artistes et libertaires avec D’Annunzio à Fiume, Éditions du Rocher, coll. « Démocratie ou totalitarisme », 2006.

5 : Michel Drac, « Le concept de base autonome durable », Rébellion, n° 49, juillet – août 2011, p. 16.

6 : Cette notion de fixation sur un socle n’est pas propre à Michel Drac ou à son compère, Piero San Giorgio, auteur de Survivre à l’effondrement économique. Dans un célèbre article, « La patrie trahie par la République » paru dans Le Figaro du 17 juin 2004, Jean Raspail envisageait aussi des isolats européens de souche dans une France plongée dans le chaos multiculturel (« Il s’agira en quelque sorte je cherche un terme approprié d’une communauté de la pérennité française. Celle-ci s’appuiera sur ses familles, sa natalité, son endogamie de survie, ses écoles, ses réseaux parallèles de solidarité, peut-être même ses zones géographiques, ses portions de territoire, ses quartiers, voire ses places de sûreté et, pourquoi pas, sa foi chrétienne, et catholique avec un peu de chance si ce ciment-là tient encore. »). Plus anciennement, Saint-Loup l’envisageait déjà sous une autre appellation dans Les Nostalgiques. Voir aussi Georges Feltin-Tracol, « Patries, État et post-modernité dans le nouvel ordre de la Terre », dans Pierre Le Vigan et Jacques Marlaud (sous la direction de), La patrie, l’Europe et le monde. Éléments pour un débat sur l’identité des Européens, Dualpha, coll. « À nouveau siècle, nouveaux enjeux », 2009.

7 : Michel Drac, art. cit., p. 19.

8 : Idem.

9 : Aujourd’hui, l’héritier du trône néerlandais porte le titre de « prince d’Orange ».

10 : Clément Chassot, « Législatives : à Orange, Bompard a recomposé la droite à son profit », mis en ligne sur Slate, le 15 juin 2012.

11 : Jean-Yves Le Gallou, « Mairies F.N. : elles auraient mérité le triple A ! », mis en ligne sur Polémia, le 12 avril 2012.

12 : Idem.

13 : Clément Chassot, art. cit.

14 : Jean-Yves Le Gallou, art. cit.

15 : Roger Martin, Main basse sur Orange, Calmann-Lévy, coll. « Losange », 1998. Une pseudo-« enquête » journalistique d’une rare indigence intellectuelle…

16 : Sur ce film de propagande, on peut voir sur Internet sa bande-annonce et la critique complaisante d’un certain Matthieu Bareyre sur Critikat, mis en ligne le 20 mars 2012. Les auteurs du documentaire s’offusquent qu’Orange et Bollène célèbrent le Moyen-Âge et organisent des banquets avec, quelle horreur !, du porc dans les assiettes… Au secours ! l’obscurantisme néo-moyennâgeux menace Marianne… À quand un blocus salutaire pour ces affreux territoires ?

17 : Clément Chassot, art. cit.

18 : Julien Freund, Sociologie du conflit, P.U.F., coll. « La politique éclatée », 1983, p. 268.

19 : Jacques Bompard, « Ce qui marche, c’est l’union des droites », entretien par Patrick Cousteau, dans Minute, n° 2569, du 20 juin 2012, mis en ligne sur Novopress, le 24 juin 2012.

20 : Abel Mestre, « L’ex-F. Jacques Bompard retrouve le Palais-Bourbon », Le Monde, 20 juin 2012. Jacques Bompard fut député F.N. entre 1986 et 1988.

21 : Jacques Bompard, « Ce qui marche, c’est l’union des droites », art. cit.

22 : Jacques Bompard, Les chemins de la victoire, entretiens avec Philippe Randa, Déterna Éditions, 2002, p. 171.

23 : Idem, p. 196.

24 : Id., p. 91.