Hôpital : la guerre des boutons serait-elle déclarée ?

Hôpital : la guerre des boutons serait-elle déclarée ?

01/09/2012 — 12h00
PARIS (NOVOpress) — Alors que “ses” électeurs s’agitent dans les banlieues, que l’Europe chancelle et que l’économie mondiale s’effondre, que fait donc le gouvernement dont on nous a affublé après le 6 mai ? Notre ministre de la Santé, Marisol Touraine par exemple, s’intéresse-t-elle à l’abyssal “trou de la sécu”, au manque de plus en plus criant de médecins tant spécialistes que généralistes, aux regroupements hospitaliers: deux sujets qui contribuent à accélérer la désertification médicale de nos campagnes et à souligner la tiers-mondisation galopante du pays ? Que nenni, car il y a plus pressant: les chemises d’hôpital ouvertes dans le dos !

Fin juillet, une pétition mise en ligne par farfadoc, une femme médecin blogueuse et désirant conserver l’anonymat, relance le sujet: « Dans la plupart des établissements hospitaliers, les patients sont affublés de la même chemise. Taille unique, ouverte dans le dos, quelques boutons pression à l’arrière, et le plus souvent, découvrant leurs fesses au moindre mouvement. Et s’il peut paraître basique de respecter la pudeur et la dignité des patients, la pétition souligne que ces chemises d’hôpital ne respectent ni l’un, ni l’autre. En se levant et en marchant un peu, un patient ainsi affublé se retrouve à moitié nu devant son voisin de chambre, ou devant les soignants, soignés, familles et amis, se trouvant en même temps que lui dans le couloir. »

Heureuse de découvrir enfin un sujet brûlant, notre ministre a même répondu par courriel à farfadoc : « Les situations très concrètes évoquées sur vos blogs décrivent parfaitement la gêne, pouvant parfois aller jusqu’à l’humiliation, qui peut être celle des patients, âgés ou non, dans de telles circonstances. Il y va tout simplement de la dignité de la personne. Je partage le sentiment qui est le vôtre, à savoir que l’intimité de la personne doit être respectée dans l’ensemble du processus de soins, sans toutefois que ce respect perturbe la pratique des personnels soignants. » Promesse a donc été faite de prendre des mesures dès le retour des congés d’été.

Pourtant, la chemise ouverte a largement fait ses preuves sur le terrain et depuis de très nombreuses années. Elle bénéficie de nombreux adeptes en milieu hospitalier. Fermée dans la nuque par un ou plusieurs boutons, ou simplement par des lacets, elle est idéale pour couvrir des patients à mobilité réduite nécessitant de nombreux soins corporels, ainsi que pour les opérés. Un patient appelé à se lever pourra vite revêtir à nouveau chemise de nuit ou pyjama, et, en attendant, enfiler une robe de chambre. Un problème qui clairement n’en est guère un, comparé à tous les défis auxquels est confronté de nos jours le milieu hospitalier  !

Il semble bien peu constructif de vouloir ainsi opposer ceux -souvent éloignés des réalités du terrain- qui seraient garants de la dignité des patients, et ceux qui œuvrent en première ligne avec le peu de moyens que l’on veut bien encore leur accorder. Faudra-t-il a terme changer de modèles de chemises, les choisir plus boutonnées, ou plus enveloppantes style cache-cœur ?

Beaucoup d’agitation autour d’une guerre des boutons qui, compte tenu de l’état des finances de nos hôpitaux, risque fort de ne jamais avoir lieu !
Crédit photo : blog Sous la blouse