Allemagne : Les Turcs font censurer un rapport de police sur la criminalité immigrée

Allemagne : Les Turcs font censurer un rapport de police sur la criminalité immigrée

27/08/2012 — 17h00
BONN (NOVOpress) — C’est une histoire de censure ordinaire, comme il en arrive des dizaines de fois tous les jours, dès qu’il est question d’immigration, dans les rédactions et les administrations de tous les pays d’Europe. Mais la censure s’exécute le plus souvent anonymement et dans l’ombre. Il est rare qu’on puisse comme ici, grâce aux documents officiels découverts par le site allemand Politically Incorrect, savoir exactement selon quel mécanisme, et à l’initiative de qui, un document officiel a été caviardé et la vérité supprimée.

À l’origine, il y a un vaste plan de la municipalité de Bonn pour le développement, à coups de millions d’euros, du quartier de Neu-Tannenbusch à Bonn– le document n’a pas encore été supprimé sur le site de la mairie, où il est toujours disponible sous forme de PDF. On y lit p. 123, au chapitre « Prévention de la délinquance » :

« Il y a à Bonn-Neu-Tannenbusch, en raison de la structure sociale particulière des habitants, de la population multi-ethnique, et de la forte densité des logements dans les grands ensembles, une situation critique, avec un chômage élevé et des taux élevés de criminalité parmi les jeunes, qui rend indispensable une action rapide.

La criminalité dans le quartier de Neu-Tannenbusch a connu ces dernières années un développement inquiétant, en particulier s’agissant de la criminalité sur la voie publique. Les suspects sont constamment identifiés comme de jeunes hommes de moins de 21 ans, issus de l’immigration et avec un faible niveau culturel. Un manque croissant de respect et une disposition croissante à la violence se manifestent. En liaison avec cela, le sentiment d’insécurité de la population a notablement augmenté ».

Cet échantillon de prose administrative pourrait paraître assez inoffensif. Lorsqu’il a été repris sur le site internet de la police, dans un rapport sur « la criminalité des jeunes », il a pourtant suscité les protestations de Moussa Acharki, Eyup Akman et Abdlqalq Azrak, représentants du parti BIG au « conseil à l’intégration » de Bonn. BIG (Bündnis für Innovation und Gerechtigkeit, Entente pour l’innovation et la justice) a été créé en 2010 par des musulmans pour défendre les droits des immigrés. Selon l’encyclopédie Wikipedia, qui n’est pas suspecte de xénophobie, « le parti est considéré par différents observateurs comme une filiale du parti turc AKP, avec lequel il entretient une relation peu claire ». Le conseil à l’intégration est chargé de « promouvoir le vivre ensemble dans l’égalité des droits entre Allemands, migrantes et migrants », et la liste de ses membres parle d’elle-même.

Acharki, Akman et Azrak ont donc présenté une motion : « En raison du danger d’ethniciser la criminalité et d’alimenter la stigmatisation, la préfecture de police de Bonn est priée de faire modifier la phrase, en supprimant les mots “issus de l’immigration” ». Pour ne vexer personne, le conseil à l’intégration est même allé au-delà et a réclamé à l’unanimité la suppression, non seulement d’« issus de l’immigration », mais aussi de « avec un faible niveau culturel ». La majorité social-démocrate du conseil municipal de Bonn a ensuite adopté cette motion telle quelle.

La demande a été transmise en juillet à la préfecture de police. La préfecture a répondu triomphalement ce mois-ci qu’elle avait devancé les désirs du conseil pour l’intégration : « Vous avez demandé le changement d’une formulation […]. La formulation que vous citez n’est plus employée depuis un certain temps sur le site internet de la préfecture de police de Bonn. »

La criminalité, elle, n’a pas disparu.