Bretagne : Un pape de transition

Bretagne : Un pape de transition

06/08/2012 — 18h50
RENNES (NOVOpress Breizh) — Pour Jean-Yves Le Drian (photo), la grande affaire s’appelle Bretagne. Devenir président du conseil régional correspondait à son ambition suprême. Avec lui l’esprit breton souffle dans l’hémicycle René Pléven. En devenant ministre de la Défense, il peut continuer à servir la Bretagne en privilégiant le volet naval, pour le plus grand bénéfice de Saint-Nazaire, Lorient et Brest. Mais en ces temps de disette budgétaire, il n’est pas certain qu’il puisse lancer des opérations susceptibles d’apporter du travail à la construction navale. À moins, évidemment, que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne trouve un avantage certain à donner de l’activité à Saint-Nazaire et, par voie de conséquence, à Lorient.

Puisque le cumul entre une charge ministérielle et un mandat exécutif n’est plus possible, M. Le Drian a démissionné de la présidence du conseil régional. Mais sans perdre de vue la Bretagne, car ses ambitions ministérielles sont limitées : il a l’intention de revenir aux prochaines élections régionales (2014) ; il ne s’en cache pas. D’autant plus que, grâce au prochain vote de « l’acte III » de la décentralisation, les collectivités territoriales hériteront de compétences nouvelles qui donneront au métier de président du conseil régional davantage de relief. Le statut de l’Ecosse et de la Catalogne a toujours fait saliver Jean-Yves Le Drian.

La place de président est donc revenue à un « intérimaire », Pierrick Massiot, 64 ans. Un bon gestionnaire qui occupait précédemment le poste de vice-président chargé des finances. Cet homme très rigoureux fait l’unanimité au sein de la majorité. Il n’ambitionne pas d’entrer en compétition avec le « ministre ». Enfin, fatigué, il ne souhaite pas poursuivre son activité après 2014. C’était donc l’homme de la situation, un homme de confiance pour monsieur Le Drian.

Pierrick Massiot a été élu dans un fauteuil avec 55 voix contre 20 a Elisabeth Malgorn (UMP). Évidemment, les écologistes faisaient bande à part et leur candidat, Guy Ascoët (EELV), a recueilli les 7 voix de son groupe. Rappelons qu’en Bretagne, écologistes et socialistes ne font pas bon ménage. Aux dernières élections régionales, chacun présentait sa liste.

Le désaccord porte sur des dossiers lourds :la LGV Le Mans-Rennes, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’agriculture productiviste… Enfin M. Hascoët et ses amis dénoncent l’ « hégémonie » du Parti socialiste. En période électorale, assister à une réunion d’Europe Ecologie Les Verts provoque étonnement et amusement : l’ennemi principal s’appelle PS et Le Drian ; on leur casse du sucre sur le dos à tour de bras.

On peut également noter que, sur tous ces « dossiers lourds », gauche et droite marchent la main dans la main. Sauf les élus d’EELV…

F.C.

Crédit photo : Pymouss, via Wikimedia (cc)