Florence : abandonnés par l'État, les habitants chassent eux-mêmes leur tyran tunisien

Florence : abandonnés par l’État, les habitants chassent eux-mêmes leur tyran tunisien

04/08/2012 — 14h00
FLORENCE (NOVOpress) —
Borgo San Frediano est une célèbre rue populaire du vieux Florence, immortalisée par un roman et un film (Les Jeunes Filles de San Frediano), sur la rive gauche de l’Arno. Pendant un mois, commerçants et habitants y ont vécu un véritable enfer. Depuis le 26 juin exactement, quand, personne ne sait comment, un Tunisien de 45 ans, bien connu, comme on dit, des services de police, et suspecté de trafic de drogue, s’est emparé d’un local qu’un marchand ambulant, actuellement en procès pour impayés avec le propriétaire, utilisait comme garage pour sa charette.

Sitôt installé, le Tunisien, profitant de son gabarit impressionnant mais brandissant aussi à l’occasion un revolver, peut-être un jouet, a fait régner la terreur dans la rue : insultes, menaces, consommations non réglées dans les bars, crachats sur les vitrines des magasins, vexations en tout genre. Les artisans en étaient réduits à fermer en avance l’après-midi pour essayer d’échapper à sa persécution. Un jour, le Tunisien a occupé le trottoir pour installer un « mini-marché des antiquités », d’autres fois il a interrompu la circulation dans la rue. Plus les allées et venues incessantes, jour et nuit, les hurlements, la musique à fond aux horaires les plus invraisemblables.

Les plaintes se sont accumulées au commissariat du quartier. La préfecture a ordonné une perquisition dans le local, où la police a trouvé « des seringues et des restes de fabrication de drogue, mais rien qui puisse permettre aux agents de mettre fin au squat ».

« Alors, écrit le journal local, quelqu’un a peu à peu commencé à penser à ce qu’on ne devrait pas faire : se faire justice soi-même ». Vendredi dernier, pendant que le Tunisien était absent, quelqu’un a rempli un seau avec de vieux journaux, y a mis le feu, et a profité d’un carreau cassé dans la porte pour les jeter à l’intérieur. Les pompiers sont intervenus mais le feu avait eu le temps de ravager le garage, qui a été muré.

Depuis, la rue est retournée à la normale. « Nous avions déposé des plaintes à la police, dit un commerçant qui veut garder l’anonymat, écrit des lettres à la mairie, mais finalement, le problème n’a été résolu qu’avec “Aide-toi, le ciel t’aidera” ».

« On dit, conclut le journaliste, que le Tunisien est revenu un soir après l’incendie mais qu’un bon coup de pied l’aurait invité à ne plus se montrer. Une feuille de route avec le tampon San Frediano. Plus efficace que celles de la préfecture».