[lu sur le Net] “Relocaliser de Chine en France prend tout son sens”

[Lu sur le net] “Relocaliser de Chine en France prend tout son sens”

04/08/2012 — 11h00
BEIJING (via Libération) — Au vu du succès considérable de son entreprise en Chine, rien ne semblait prédestiner Jean-Charles Viancin à s’orienter vers une « relocalisation » en France. Couvert de dettes après l’échec de sa PME en France, il s’installe voilà trois ans en Chine, à Dongguan, dans la province du Guangdong, où il épouse une Chinoise. Avec le soutien d’un investisseur français, le jeune entrepreneur de 28 ans y prend la tête de Super Silicone, une usine de fabrication de moules de pâtisserie. Grâce au silicone qui n’attache pas à la cuisson, le Français fait fortune. Son entreprise de 300 ouvriers a enregistré en 2011 un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros, qu’il espère voir encore grandir cette année, grâce aux 70% de parts de marché qu’il possède désormais en France et au Japon.

L’expérience est cependant loin de l’avoir convaincu de rester. Et c’est vers la France qu’il tourne désormais ses regards. « Des contacts ont été pris avec des élus de la Sarthe, où je cherche à ouvrir, l’an prochain ou en 2014, une usine pour le marché français. » Dans un premier temps, il « conservera son usine chinoise ». Ses arguments pour relocaliser sa production dans l’Hexagone sont nombreux.

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« Un ouvrier chinois a besoin d’avoir derrière lui un contremaître, un contrôleur de qualité, un team leader, un superviseur et un manager… Pour faire tourner une machine, on a besoin de quatre personnes, alors qu’en France une seule suffit. Même si les salaires français sont encore dix fois supérieurs aux salaires chinois, l’écart s’amenuise beaucoup en prenant en compte tout cela. » Viancin explique aussi que ses acheteurs français – Auchan, Magasins U… – sont prêts à payer ses produits 10 à 15% de plus s’ils sont made in France. « Alors, si vous intégrez cette autre donnée, l’écart devient minime. »

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Malgré les appels officiels à l’« innovation », les PME chinoises « ne font généralement pas de recherche et de développement, et stagnent dans le bas de gamme ». Pour lui, « la Chine reste ni plus ni moins l’atelier du monde… Mais le problème est que cet atelier est de plus en plus cher ». Au point de l’inciter à revenir participer au «redressement productif» français cher à la nouvelle majorité.

Crédit photo : DR