Manuel Valls, directeur des relations publique, place Beauvau

Manuel Valls, directeur des relations publiques, place Beauvau

31/07/2012 — 13h00
PARIS (NOVOpress BReizh) — En politique, il faut compter avec les faux « poids lourds ». Comment reconnait-on ces ministres ? Réponse : à la faible marche de manœuvre qui leur a été accordée par l’Elysée et Matignon lors de la constitution de leur cabinet.

Un vrai poids lourd désigne son directeur de cabinet et ses collaborateurs. Un faux apprend par le téléphone qu’« on » a choisi pour lui  Untel. C’est le cas de Manuel Valls (photo ci-dessus), officiellement ministre de l’Intérieur. Le vrai patron de la place Beauvau s’appelle en réalité Jean-Marc Ayrault, ci-devant député-maire de Nantes et présentement Premier ministre.


Ce dernier a jugé utile et/ou prudent d’« encadrer » M. Valls par des hommes « à lui ». Personnages de confiance avec lesquels il a eu à travailler dans un passé récent à Nantes.

Avantage de la méthode : rien d’important ne peut être dit ou entrepris au ministère de l’Intérieur, sans que le cabinet du Premier ministre ne soit averti. M. Valls se trouve, en quelque sorte, placé sous surveillance. Impossible pour lui de jouer « perso ».

A tout seigneur tout honneur, commençons par le bras droit du ministre de l’Intérieur. Simple hasard (?!), cet énarque, promotion Guernica, se trouvait à Nantes lorsque François Hollande a emporté l’élection présidentielle. Le 6 mai, le candidat socialiste est élu, le 17, Jean Daubigny, préfet de la région Pays-de-la-Loire, préfet de la Loire-Atlantique (hors classe) depuis le 3 août 2009, se voit bombardé directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur. Il ne serait pas excessif d’avancer que M. Valls ignorait la veille l’existence de M. Daubigny.

Le hasard (?!) frappe à nouveau un mois plus tard. Le 8 juin, Bernard Boucault, énarque, promotion Léon Blum, qui a été préfet de la région des Pays-de-la-Loire, préfet de Loire-Atlantique (hors classe) d’août 2002 à août 2007, devient préfet de police (hors classe).

Deux paires d’yeux et d’oreilles qui sont fort utiles à un Premier ministre soucieux de surveiller la maison poulaga… et son chef.

Cela dit, il reste à M. Valls de quoi s’occuper : tournée des plateaux de télévision et des studios de radio pour « expliquer » des décisions qu’il n’a pas prises, remise de décorations aux policiers méritants avec prise d’arme à la clé, numéro émotionnel et compassionnel dès qu’une catastrophe survient ici ou là… Un boulot de directeur des relations publiques !

 Hervé Cadic

Crédit photo : Bresson Thomas, via Wikimedia (cc)