Les incroyants sauveront les racines chrétiennes de la France - Par Julien Langella

[Tribune libre] Les incroyants sauveront les racines chrétiennes de la France – Par Julien Langella

Robert Ménard est journaliste et fondateur de l’association Reporters Sans Frontières. Son combat pour la liberté de parole ne souffre d’aucun deux-poids deux-mesures puisque le site Internet de la section francilienne du Bloc Identitaire a longtemps été hébergé par RSF, à l’instar d’exilés politiques sri-lankais ou de rebelles tchétchènes. Robert Ménard est aussi un ancien militant trotskyste. Il vient de publier sur son site web une chronique intitulée A-t-on honte de nos racines chrétiennes ? dans laquelle il condamne la proposition de l’Association Nationale des DRH de « neutraliser » des jours fériés du calendrier (Pentecôte, Ascension et Assomption) au profit des employés juifs ou musulmans qui ne souhaiteraient pas les chômer, afin de les échanger avec Yom Kippour ou l’Aïd.  Robert Ménard en profite pour rappeler le sens profond de ces jours fériés : « Et puis pourquoi, tant qu’on y est, ne pas interdire l’arbre de Noël du personnel, à connotation chrétienne (dans bien des entreprises, la présence d’une Crèche étant déjà interdite, considérée comme une provocation). Sans parler des crêpes dégustées à l’occasion de la Chandeleur qui, je le rappelle à nos laïcards, commémore la Présentation de l’enfant Jésus au Temple de Jérusalem et la purification de sa mère, la sainte Vierge… » (robertmenard.fr, 6 juillet 2012)

Alors qu’un ancien militant d’extrême-gauche rappelle que la France est « un pays de tradition chrétienne » et souligne l’indécence de « cette “honte de soi” qui semble gagner tout un pan de nos décideurs », le clergé catholique français – par la voix du porte-parole de la Conférence épiscopale Mgr Podvin – s’est empressé quant à lui de soutenir la proposition de l’ANDRH.  Mgr Podvin affirme que « les catholiques ne se sentent nullement propriétaires d’un calendrier » : « La signification religieuse, nous y sommes attachés, mais le respect de la diversité, c’est certainement une des sources de paix de la société » (Le Figaro, 29 juin 2012). Une autorité ecclésiastique française, dont on attend d’elle qu’elle prenne la défense de ce qui reste de chrétien dans notre pays, s’aplatit donc sans hésitation devant la religion du multiculturalisme et son Veau d’or, la « diversité », par souci de paix sociale.

Sauf que ce que l’on demande à un homme d’Eglise, ce n’est pas de jouer les assistantes sociales ou les éducateurs de banlieues mais de défendre une foi, les principes qui s’y rattachent et l’héritage civilisationnel qui en découle. Qu’on soit croyant ou non, qu’on admette ou non ces principes à titre individuel, n’importe qui avec un minimum de lucidité ne peut qu’être surpris par cette prise de position. Au mieux, choqué. De la même manière qu’on serait étonné d’entendre un pape défendre l’avortement, le libertinage sexuel et la légalisation du mariage entre un homme et un singe. Ça ne vous choquerait pas si un ouvrier de Caterpillar déclarait très tranquillement « notre travail, nous y sommes attachés, mais la solidarité avec les Chinois sans emploi, c’est certainement une des sources de la paix dans le monde » ?

Ce que traduisent les propos de Mgr Podvin, c’est la pire des lâchetés : l’abandon assumé de la masse des fidèles qui continuent de se tourner vers l’Eglise pour obtenir des réponses, recevoir un soutien, dans une période de l’histoire particulièrement hostile à toute forme d’espérance, si ce n’est celle d’obtenir 40 vierges après la mort. C’est une trahison. Une Eglise pareille ne peut plus s’étonner de se faire cracher dessus. Elle le mérite. Surtout que l’on attend toujours des autres clercs qu’ils montent au créneau contre Mgr Podvin. Comme on attend naïvement des musulmans prétendument « modérés » qu’ils dénoncent publiquement et massivement l’« intégrisme » islamiste, présenté comme une verrue sur la peau immaculée de l’islam « véritable », « pacifique » et « tolérant »…  On peut attendre encore longtemps.

Les incroyants sauveront les racines chrétiennes de la France – Par Julien Langella

Notre-Dame de Paris vers 1880, par Alfred-Alexandre Delauney. Domaine public. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Les positions comparées de Robert Ménard et du clergé français montre une chose très importante : ce ne sont pas les théologiens les plus médiatiques et les hommes d’Eglise les mieux placés qui défendront avec vigueur les racines chrétiennes de notre pays, c’est au contraire la masse ordinaire des Français de souche qui désertent la messe parce qu’ils s’y ennuient fermement, ceux qui n’ont jamais compris ce qu’entendait ce nouveau curé originaire du Pérou par « royaume des Sioux » (en fait, Père Pépito voulait dire « royaume des Cieux »). Quand des « Français » de papier se presseront devant Notre Dame pour tout casser, la défense du patrimoine de l’Eglise – institution multi-séculaire qui a fait la France en choisissant de baptiser un barbare et de le couronner roi de notre pays – sera assurée par cette masse de Français ordinaires dont la seule tradition est de sécher la messe le dimanche. N’en déplaise à ceux qui croient acquise leur place au Paradis depuis qu’ils ont hébergé des clandestins maliens, ou encore ceux qui se flattent d’être plus « tradis » que leurs voisins mais qui ne voient pas plus loin que le bout de leur communauté ghettoisée. Ce sont ces « incroyants » qui résisteront. Les catholiques modèles et leur clergé, eux, croiront jusqu’au bout que les néo-barbares s’arrêteront ébahis devant l’autel. C’est peut-être possible, et mes mots sont peut-être ceux d’un cynique indifférent aux miracles, il n’empêche qu’on n’arrivera jamais à faire respecter à une masse de descendants d’immigrés haineux un héritage qui n’est pas celui des hommes de leur sang.

Robert Ménard est l’un de ses Français qui, croyants ou non, pratiquants pour les grandes occasions (et encore), ont cependant assez de clairvoyance pour comprendre qu’à travers l’Eglise, c’est la France et la civilisation européenne qu’on attaque. Que c’est eux qu’on attaque. C’est bien au nom de cette conscience de soi identitaire que Robert Ménard protestait sur Sud Radio l’année dernière, lorsque les manifestants madrilènes traitaient le Pape d’ « assassin » lors de sa venue aux JMJ : « ces insultes me font dire qu’il faut défendre ce Pape, notre Pape ! (…) Essayez juste une seconde de remplacer le Pape par un imam ou un rabbin, essayez d’être aussi virulent avec l’islam ou le judaïsme, qu’avec le catholicisme, notre catholicisme ! (…) J’ai d’autant plus envie de défendre ce pape que j’ai l’impression que les catholiques sont un peu honteux… Regardez les musulmans comment ils se mobilisent pour défendre leur foi (…) Les catholiques, nous, on a peu honte de ce qu’on pense ».

Ces catholiques non-pratiquants qui ont oublié depuis longtemps ce qu’il fallait dire et faire pendant une messe, qui ne se sentent pas à leur place au milieu des fidèles pendant l’office, savent par dessus tout qu’ils seront toujours dans une vieille église avec ses vitraux anciens et ses statues de saints comme un enfant dans les bras de sa mère. C’est un sentiment instinctif que rien ni personne ne pourra arracher de nos coeurs. Quelque chose qui se niche au plus profond de nous. Comme les croix au sommet des montagnes, les oratoires qui bordent nos chemins de campagne et ces noms de villages ou de montagne, Saint-Rémy de Provence ou la Sainte Baume. C’est notre identité.

Ce sont des sceptiques et même des athées qui défendront nos cathédrales et nos églises, au nom de la France, contre les bandes de racaille encouragées par leur sentiment de supériorité démographique. Pendant qu’un certain nombre de pratiquants consciencieux resteront plantés là, à tenter de parlementer avec les sauvages qui détruisent leurs lieux de culte, puis qui se consoleront en se disant que mourir en apôtre de la non-violence – leur vision du martyre –, c’est agir comme le Christ leur a enseigné. Je ne suis pas théologien et je ne jugerai pas de la validité de cette vision des choses. Ce que je sais en tout cas, c’est que j’aurai toujours plus d’amitié pour ceux qui seront en première ligne pour défendre ce que la foi de nos pères a édifié de plus beau dans notre pays, même s’ils sèchent la messe le dimanche. Ceux qui se dresseront pour défendre notre identité.

Julien Langella, pour Novopress
Responsable de Recounquista – Les Jeunes Identitaires de Provence.

Image en Une : Cathédrale de Chartres – Huile sur toile de Jean-Baptiste Corot, 1830. Domaine public via Wikipédia. Cliquer sur l’image pour la voir en entier.