Faits & Documents n°338 du 1er au 15 juillet 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (III)

Faits & Documents n°339 du 1er au 15 juillet 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (III)

Le nouveau numéro de Faits & Documents du 1er au 15 juillet 2012 vient de paraître. Au sommaire, les portraits du gouvernement Ayrault (3ème partie). Extrait.

Faits & Documents n°338 du 1er au 15 juillet 2012. Portraits : Le Gouvernement Ayrault (III)Voici la troisième partie des biographies des membres du nouveau gouvernement socialiste, qui demeure homogène, tous les ministres candidats ayant été élus au premier ou au second tour. S’y ajoutent quatre nouveaux ministres qui seront traités par la suite.

Kader Arif. Ministre aux Anciens combattants. De son véritable prénom Abdelkader, Kader Arif est né le 3 juillet 1959 à Alger (Algérie française). Aîné de quatre enfants, il est le fils d’un harki qui devait réussir à rejoindre la métropole (il avait alors 3 ans et demi). Son père (qui sera ouvrier agricole, bûcheron, ouvrier du bâtiment) était du Sud-Ouest algérien, sa mère de la Mitidja. La famille habitait Maison-Carrée (devenu El-Harrach). Ses parents, tous deux décédés, étaient analphabètes. Il semble qu’il ne soit pas marié, mais vivrait en concubinage (avec ses trois filles). Il a fait ses études à Castres et à Toulouse. Il sera notamment employé d’un cabinet d’architectes (1992-1995) et directeur régional d’une agence de voyages, Nouvelle Liberté (1995-1999). En 1999, à 40 ans, il intègre la faculté de Toulouse, y décrochant semble-t-il aussitôt une maîtrise de communication en faisant valider son expérience professionnelle. Fort de ses amitiés politiques, il est engagé dans la foulée comme cadre d’administration universitaire de Toulouse-Le Mirail (1999-2001). Il aurait par ailleurs été salarié d’un « établissement public d’aide aux rapatriés » (Marianne, 24 novembre 2003). Il semble qu’il ait milité dans les milieux antifascistes toulousains dans les années 1970, le déclencheur étant le putsch anticommuniste du général chilien Augusto Pinochet. Il s’engage aux élections municipales de 1977 puis finit par rejoindre le Parti socialiste en 1983. Il figure aussi parmi les fondateurs de France Plus, l’un des premiers lobbies politiques de l’immigration. Il doit toute sa carrière à Lionel Jospin, dont il devint le chauffeur lorsque ce dernier se parachuta en Haute-Garonne en 1988 comme conseiller général de Cintegabelle. Par la suite, après la défaite de 2002, c’est avec Arif que Jospin réapparaîtra pour la première fois dans un meeting, aux européennes de 2004. De même, à l’été 2006, Arif sera l’un des très rares à plaider pour une nouvelle candidature de l’ancien Premier ministre. Devenu l’un de ses assistants parlementaires, il se voit confier la direction de la fédération du département (la 4e de France en nombre d’adhérents) en 1999 (qu’il dirige jusqu’en 2008). Conseiller municipal (chargé des sports) de Castanet-Tolosan, dans la banlieue de Toulouse, de 1995 à 2001, il entre au bureau national du PS en 2000 (sur demande de Lionel Jospin à François Hollande, qui conservera le poste de premier secrétaire jusqu’en 2008), puis au secrétariat national en 2002 (en charge des relations internationales, puis de la mondialisation). En 2004, il conduit la liste européenne socialiste dans le Sud-Ouest et devient député européen (réélu en 2009). À Bruxelles, il siège en particulier aux assemblées parlementaires mixtes Euromed et UE-Turquie (ainsi que vice-président de l’intergroupe rugby, sport qu’il a pratiqué au début des années 80 comme talonneur de Castres). Il s’est officiellement prononcé pour l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne (La Turquie dans l’Union européenne ? C’est toujours oui !, tribune libre dans Le Monde, 21 février 2008). En 2009, cet antisioniste a proposé, pour soutenir les Palestiniens de la bande de Gaza, qu’un euro soit prélevé sur chaque cotisation d’adhérent, proposition aussitôt rejetée. En 2005, il devient le n°3 de l’appareil socialiste en tant que secrétaire aux fédérations. C’est à ce titre qu’il préside la commission chargée du décompte final des bulletins lors de l’élection au poste de premier secrétaire qui opposera vivement Ségolène Royal et Martine Aubry (ce qui sera tout bénéfice pour Hollande, avec une Royal écartée et une Aubry trop politisée…). Dans l’équipe de campagne de François Hollande, il est responsable des relations avec le Parlement européen et de l’Europe lors des primaires, puis responsable du pôle Coopération. En juin 2012, celui qui est conseiller municipal de Toulouse depuis 2008 est imposé comme « candidat de la diversité », se présentant pour la première fois à une élection au suffrage universel, obtenant au premier tour 30,84 % dans la 10e circonscription de la Haute-Garonne, face à l’UMP-Parti radical Dominique Faure (24,41 %) et deux candidats socialistes dissidents, tous deux conseillers généraux, Daniel Ruffat, maire de Sainte-Foy d’Aigrefeuille depuis 2001, et Gilbert Hébrard, maire de Vendine depuis 1983. Sa suppléante, qui va donc le remplacer à l’Assemblée nationale (où il a été réélu en juin 2012 avec 57,78 % face à Dominique Faure), est Emilienne Poumirol, fille de militants anarchistes espagnols réfugiés outre-Pyrénées…

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Photo en Une : Crédit Parti Socialiste (cc) via Flickr