Cancer du sein: le travail de nuit, facteur de risque aggravant ?

Cancer du sein : le travail de nuit, facteur aggravant de risque

24/06/12 – 18h00
PARIS (NOVOpress)
– Le travail de nuit des femmes semble avoir une incidence sur la probabilité de développer un cancer du sein. C’est en tout cas ce que semblent démontrer les résultats d’une toute nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Inserm (Unité Inserm 1018 centre de recherche en épidémiologie et santé des populations).

Etonnante et inquiétante, l’étude publiée dans l’International Journal of Cancer, réalisée en France et baptisée CECILE, a comparé le parcours professionnel de 1200 femmes ayant développé un cancer du sein entre 2005 et 2008 à celui de 1.300 autres femmes.

« On a observé que les femmes qui avaient travaillé de nuit dans leur vie avaient un risque augmenté de 30% de cancer du sein par rapport à celles qui n’avaient jamais travaillé de nuit. Ceci en tenant compte de tous les «facteurs de confusion» possibles (c’est à dire de la consommation d’alcool, de l’âge des premières règles, du nombre d’enfants, etc.). Par ailleurs, c’était inattendu, mais on observe que moins le nombre de nuits travaillées par semaine est important et plus le risque est accru. En fait, on peut considérer qu’il y a une perturbation plus importante du rythme biologique, car elles passent plus souvent d’un rythme de jour à un rythme de nuit », ont notamment expliqué les chercheurs de l’Inserm.

Un résultat qui confirme de précédentes études qui démontraient que le rythme circadien (contrôlant l’alternance veille-sommeil) régulait de très nombreuses fonctions biologiques et était altéré chez les personnes travaillant la nuit où avec des horaires décalés.

On se souvient que c’est sur pression des institutions européennes que, au nom de « l’égalité professionnelle Hommes/femmes », a été réintroduit en 2000 le travail de nuit des femmes en France, alors qu’il était jusque là interdit par le Code du travail.

Crédit photo : Jessie Romaneix via Flickr (CC)