Les électeurs de l'UMP pratiquent déjà l'union des droites

Les électeurs de l’UMP pratiquent déjà l’union des droites

20/06/2012 — 18h45
PARIS (NOVOpress via le Bulletin de réinformation) —
La comparaison des résultats du second tour des élections législatives de 2012 dans des circonscriptions représentatives avec ceux de 2002 est riche d’enseignements. En effet, on constate que les reports de voix entre les premiers et seconds tours ont considérablement évolué.

En cas de triangulaire entre des candidats PS, UMP et FN, quelle est l’évolution ?

En 2002, lorsque le FN était au 2e tour dans une triangulaire, il perdait presque systématiquement des voix par rapport au 1er tour. En 2012, en cas de triangulaire, lorsque le FN arrive devant l’UMP au 1er tour, il améliore très largement son score, les électeurs de droite votant pour le candidat le plus à même de battre la gauche, comme ce fut le cas pour le député Étienne Mourrut, adversaire de Maître Collard.

Quand le FN arrive derrière l’UMP au 1er tour, les électeurs font le choix inverse et choisissent de se reporter largement sur le candidat UMP, mieux placé pour battre la gauche.

Qu’en est‑il lors de duels gauche/FN ?

En 2002, l’abstention explosait et le candidat de gauche s’imposait très largement, le candidat FN ne progressant que peu. Moins de 20 % des électeurs UMP se reportaient sur le FN. En 2012, la participation à peu près constante et les reports de l’UMP vers le FN s’effectuent presqu’à 80 ou 90 %, en dépit des consignes du parti. C’est ainsi que plusieurs candidats FN ont frôlé la majorité absolue, doublant leur résultat du premier tour : Florian Philippot en Moselle, Valérie Laupies ou Stéphane Ravier dans les Bouches‑du‑Rhône.

Et en cas de duel droite/FN ?

En 2002, la participation restait constante, voire s’améliorait et le candidat FN restait stable, sans améliorer sensiblement son score du 1er tour. En 2012, on note un effondrement de la participation, les électeurs de gauche restent en partie chez eux et ne suivent pas tous les consignes du PS de voter UMP. Donc pour eux, il n’y a pas de drame à voir arriver un député FN. L’autre partie des électeurs de gauche votent UMP selon la consigne. Mais les candidats FN augmentent leurs scores de manière spectaculaire, notamment dans plusieurs circonscriptions du Var ou dans la 5e circonscription de l’Eure. Cela signifie que des électeurs UMP du 1er tour, (qui avaient voté “utile” par peur de la gauche) se sont sentis libres de voter FN au 2e, la circonscription étant assurée pour la droite.

En dix ans, le comportement de l’électeur de droite a bien changé dans le sens d’une union des droites, bien que les directions de l’UMP et, dans une moindre mesure du FN, en soient très loin.