J.M. Ayrault et la gauche de Loire-Atlantique veulent clouer Ph. Boënnec au pilori

J.M. Ayrault et la gauche de Loire-Atlantique veulent clouer Ph. Boënnec au pilori

14/06/2012 – 18h00
NANTES (NOVOpress Breizh) – En Loire-Atlantique, le Front national soutient un député sortant. Les socialistes s’insurgent et somment l’UMP de désavouer son candidat. Les habitués de la défaite sont prêts à remettre en marche la « machine à perdre ». Mais ce sont les électeurs qui auront le dernier mot.

Au soir du 10 juin, Philippe Boënnec, député sortant de la 9° circonscription de Loire Atlantique [en jaune sur la carte de Loire Atlantique, cliquer sur l’image pour la voir en entier]  et secrétaire départemental de l’UMP, se retrouve en deuxième position avec 37,01% des suffrages exprimés. Il est devancé par la candidate PS, Monique Rabin qui en obtient 37,99%. Celle-ci peut compter sur le report des électeurs des trois candidats d’extrême gauche (Front de gauche, Lutte ouvrière, Europe écologie les verts) soit 8,06%. Par contre, le maire de Pornic pourra au mieux obtenir ceux des candidats MPF, divers droite et centriste soit 6,12%. Pour retrouver son siège, sauf à mobiliser plus d’abstentionnistes que sa concurrente ou les 1,45% d’électeurs de trois candidats écologistes indépendants du premier tour, il lui faut convaincre ceux qui ont choisi la candidate du Front national, Maggy Lussaud. Secrétaire départementale du FN, celle-ci est arrivée en troisième position avec 9,38%.

Constatant, selon ses déclarations, « que par son opposition au droit de vote des étrangers, au mariage des homosexuels, …sur les valeurs de société, il partage plus de choses en commun avec le FN qu’avec le PS », il contacte Mme Lussaud et lui demande d’appeler ses électeurs à voter pour lui au deuxième tour afin de battre la candidate socialiste.

Après consultation et accord de Marine Le Pen, la candidate FN lui répond favorablement et invite « ceux qui l’ont soutenue ainsi que les abstentionnistes à voter pour notre député sortant ». Cela va déclencher la colère de Jean-Marc Ayrault et des oligarques socialistes locaux qui dirigent la région, le département et de nombreuses mairies avec le concours du Parti communiste mais retrouvent soudain leur sens moral devant le danger électoral. Jacques Auxiette, président du conseil régional, se dit « scandalisé». Philippe Grosvalet, président socialiste du conseil général, prétend même dicter sa conduite à l’UMP : « Philippe Boënnec doit être sanctionné ».

Étrangement, Sophie Jozan, à la tête du maigre groupe UMP d’opposition à la mairie de Nantes, se joint au concert socialiste. « Philippe Boënnec vient de franchir la ligne rouge », dit-elle, « je ne peux plus le considérer comme dirigeant local de l’UMP ». Reste à voir si elle sera plus efficace comme opposante interne (elle s’était déjà désolidarisée au dernier moment de la liste UMP aux sénatoriales de 2011) que face à une gauche qui la bat systématiquement dans les urnes.

Par sa démarche, de façon inattendue, Philippe Boënnec met la Loire Atlantique, fief du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, au cœur du débat ouvert par la défaite de Nicolas Sarkozy et le retour en force du FN, animé par Marine Le Pen. Le mur anti FN, mis en place par la gauche, va-t-il imploser comme elle le souhaite ? L’UMP va-t-elle comme naguère se laisser piéger par les « moralistes » des partis de l’établissement ? N’en déplaise à ceux-ci, ce sont les électeurs qui apporteront la réponse : dans une véritable démocratie, dans une République digne de ce nom, c’est le Peuple qui est souverain.

Jean Galibert

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