Bretagne : douze circonscriptions de droite en danger

Bretagne : douze circonscriptions de droite en danger

[box class=”info”] Aux élections législatives de 2007, en Bretagne, la droite ne l’avait emportée que dans seize circonscriptions sur trente-six. Pourtant cette consultation survenait dans la foulée de l’élection triomphale de Nicolas Sarkozy. Mauvais présage. [/box]

D’après une étude publiée par le Figaro (09/05/2012) douze de ces députés (ou leurs dauphins) se trouveraient « dans la tourmente ». En effet, une projection effectuée circonscription par circonscription, à partir des résultats du second tour de la présidentielle, montre que François Hollande est arrivé en tête dans ce qui était leur fief.

Sont menacés : Marc Le fur (Lamballe-Loudéac), Marguerite Lamour (Brest-ouest), Jacques le Guen (Landerneau), Dominique Cap (Chateaulin), Thierry Benoit (Fougères), Gilles Lurton ou Nicolas Belloir (Saint-malo), Michel Hunault (Chateaubriant), Philippe Boënnec (Paimboeuf-Pornic), Laurent Dejoie (Vertou), Yves Bleunven (Pontivy), Michel Grall (Auray), Jacques Le Nay (Hennebont).

Si la gauche parvient à s’emparer de ces douze circonscriptions, la droite se verrait réduite à la portion congrue en Bretagne : Vitré où Isabelle Le Callennec a été choisie par Pierre Méhaignerie pour lui succéder ; Vannes avec François Goulard ; Ploërmel où le député sortant UMP Loïc Bouvard préfère soutenir son ancien suppléant, Jean-Luc Bléher, plutôt que l’actuel, François Guéant, pourtant à l’UMP comme lui et Guérande où Christophe Priou (UMP) se représente.

Bien entendu, l’arithmétique électorale ne peut être qualifiée de science exacte. Il faudra en effet tenir compte en juin d’une abstention plus forte (donc moins d’électeurs frontistes en piste), du travail de terrain effectué par les sortants (le clientélisme demeurant la plus efficace des recettes électorales), des premières désillusions qui toucheront une partie de l’éectorat de gauche, de la disparition du discrédit qui frappait Nicolas Sarkozy…ces quelques éléments aideront certainement plusieurs candidats UMP ou centristes à sauver leur peau. D’autant plus qu’en Bretagne, la droite n’a pas à craindre une triangulaire au second tour avec le Front National – ce qui est nettement plus confortable.

Enfin, ont peut s’interroger sur la force de l’effet « Hollande » dans quinze jours. Sans oublier que si, au second tour, 337.168 électeurs ont permis à François Hollande de devancer Nicolas Sarkozy en Bretagne, une proportion importante de ses électeurs avaient voté Marine Le Pen ou François Bayrou au premier tour. Ayant obtenu satisfaction avec le départ du président sortant, il n’est pas certain que la perspective d’avoir à voter au second tour des législatives pour un candidat socialiste les passionne particulièrement. L’abstention pourrait les tenter d’avantage.

Le désespoir en politique est une sottise, paraît-il. C’est ce que doivent penser les têtes de l’UMP car l’étude évoquée plus haut concerne les circonscriptions dans leur état ancien – c’est-à-dire dans leur découpage valable en 2007. Mais, depuis, un redécoupage a été effectué. Et c’est à lui qu’on aura à faire en juin 2012. A coup sûr, il devrait aider la droite à limiter la casse. Ce qui permet au Figaro (12-13 mai 2012) de nous fournir une nouvelle projection, d’où il ressort que certaines circonscriptions – remodelées – peuvent être sauvées. En effet, dans ces nouvelles configurations géographiques, Nicolas Sarkozy y avait supplanté François Hollande le 6 mai. C’est le cas de Paimboeuf-Pornic, de Saint-Malo et d’Auray. Ces trois circonscriptions viendraient donc s’ajouter aux valeurs sûres : Vitré, vannes, Ploërmel et Guérande.

Hervé Cadic

Article paru sur Novopress Breizh.