Un nationaliste à Belgrade : de Serbie, les médias, une fois de plus, n’avaient rien vu venir - Par Jean Bonnevey

Un nationaliste à Belgrade : de Serbie, les médias, une fois de plus, n’avaient rien vu venir – Par Jean Bonnevey

C’est une défaite pour l’Europe de Bruxelles. Le candidat de la prétendue « communauté internationale», qui a fait la guerre à la Serbie, a perdu la présidentielle. Cet échec n’avait pas été envisagé, surtout pas par nos médias, même si, comme nous l’avions écrit, le vote du premier tour mettait le candidat nationaliste en bonne position, avec un report des ultras nationalistes et surtout des partisans du parti socialiste de l’ancien président Milosevic, malgré des consignes contraires.

Au premier tour, Boris Tadic, candidat adoubé, était sorti en tête, avec 26,7% des voix contre 25,5% à Tomislav Nikolic (photo) et depuis, le président sortant a pu compter sur le ralliement des socialistes de l’ancien président Slobodan Milosevic, qui devraient conclure un accord de coalition avec DS à la suite des législatives. Pour les observateurs, c’était donc joué. Voila ce que l’on pouvait lire le jour du vote sur figaro.fr : « avec près de 58 % des voix, selon le dernier sondage réalisé avant le scrutin, Boris Tadic devait être confortablement réélu dimanche à la présidence serbe, face au nationaliste Tomislav Nikolic. Fort de ses soutiens sur la scène internationale” etc. Ce magnifique article n’est plus accessible, comme par hasard, sur Internet. Bien vu, cher confrère… Il n’était pas le seul.

Un vote de fierté nationale contre une stratégie de repentance et de livraison-marchandage

Ce vote n’est pas, cependant, un vote contre le rapprochement de Belgrade avec l’Union Européenne et même pas, véritablement, un vote de défiance vis-à-vis de la crise actuelle de la dette et de l’euro, qui rend cette communauté bien moins attrayante pour les candidats. C’est une sanction de la méthode. C’est un vote de fierté nationale contre une stratégie de repentance nationale et de la livraison-marchandage des anciens combattants des guerres post-yougoslaves, traités comme des bourreaux, mais considérés encore comme des héros par nombre de leurs compatriotes; à tort ou à raison là n’est pas le problème. La Serbie a voté pour une voie européenne, mais sans humiliation.

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Tomislav Nikolic a immédiatement tenu à rassurer sur l’option européenne de son pays. “La Serbie maintiendra sa voie européenne (…) Ce scrutin n’a pas porté sur qui conduira la Serbie vers l’UE mais sur qui réglera les problèmes économiques créés par le Parti démocratique” (DS) de M. Tadic. “La Serbie doit développer son économie et doit enrayer la pauvreté. Nous devons commencer à œuvrer pour nous débarrasser de la corruption“, a poursuivi Tomislav Nikolic, ancien allié de l’ex-homme fort de Serbie, Slobodan Milosevic.

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Les accusations de «fraude électorale» formulées entre les deux tours et le rappel de la question du Kosovo, qui avait quelque peu disparu, ont porté leurs fruits. S’y ajoute un discours très centré sur des valeurs morales («l’intégrité», la «dignité», et le «patriotisme»), qui a fait mouche. Vouloir rejoindre l’UE dans son état actuel ne suffit pas comme programme.

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Un vote européen contre la repentance et la soumission pour obtenir l’entrée dans un ensemble en crise et pour résoudre des difficultés internes imputées au pouvoir sortant. Un vote populiste qui aura des répercussions comme d’autres dans toute l’Europe.

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Jean Bonnevey

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Crédit photo : DR.